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Dépôt de garantie en meublé : montant, restitution, retenues

Deux mois de loyer maximum, restitution sous un ou deux mois, retenues à justifier facture à l'appui : les règles du dépôt de garantie en location meublée.

Fabien PeduzziPar Fabien Peduzzi, responsable marketing et commercial·Mis à jour le 3 août 2026·6 min de lecture
Dépôt de garantie en meublé : montant, restitution, retenues

La réponse courte. En location meublée, le dépôt de garantie est plafonné à deux mois de loyer hors charges. À la sortie, le bailleur le restitue sous un mois si l'état des lieux de sortie est conforme à l'entrée, sous deux mois sinon, déduction faite des sommes justifiées : impayés et dégradations anormales. Chaque mois de retard coûte 10 % du loyer mensuel. Le bail mobilité, lui, interdit tout dépôt de garantie.

Le dépôt de garantie est la première source de litige locatif en France. La quasi-totalité des conflits viennent de deux erreurs du bailleur : un état des lieux bâclé, et des retenues sans justificatifs. Les règles, dans l'ordre du bail.

À la signature : combien demander, comment l'encaisser

Le plafond est de deux mois de loyer hors charges pour un meublé classique ou étudiant, contre un seul mois en location nue. C'est un maximum, pas une obligation : vous pouvez demander moins, jamais plus, et le montant doit figurer dans le bail.

Trois précisions utiles :

L'encaissement gagne à être immédiat : un chèque de dépôt rangé « au cas où » perd sa validité au bout d'un an et huit jours, et le bailleur se retrouve alors sans aucune garantie effective au moment où il en aurait besoin. Encaisser dès la signature, mentionner le montant dans le bail et garder la trace du versement restent les trois bons réflexes, y compris quand le dépôt est avancé par un tiers pour le compte du locataire.

Dernier point souvent ignoré : le dépôt de garantie ne remplace jamais le dernier mois de loyer. Un locataire qui « solde » son préavis avec le dépôt est en impayé, et la clause résolutoire du bail peut jouer.

À la sortie : le compte à rebours commence aux clés

Le délai de restitution court à compter de la remise des clés, en main propre ou par recommandé :

Situation Délai de restitution
État des lieux de sortie conforme à l'entrée 1 mois
Différences constatées entre entrée et sortie 2 mois
Logement en copropriété Provision possible de 20 % jusqu'à l'arrêté annuel des comptes, solde à régulariser dans le mois qui suit

Le retard se paie cher : 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard commencé, dus automatiquement, sans que le locataire ait à prouver un préjudice. Sur un loyer de 900 euros, trois mois de retard ajoutent 270 euros à la note. Seule soupape prévue par la loi : la majoration n'est pas due lorsque le retard vient du locataire lui-même, qui n'a pas communiqué sa nouvelle adresse au moment de rendre les clés.

En copropriété : la règle des 80/20

Quand le logement se situe dans un immeuble collectif, le bailleur ignore souvent le montant définitif des charges au départ du locataire, l'arrêté annuel des comptes de la copropriété n'étant pas encore voté. La loi organise ce décalage : le bailleur peut conserver une provision plafonnée à 20 % du dépôt de garantie jusqu'à l'arrêté annuel des comptes, à condition de la justifier, et il restitue les 80 % restants dans le délai normal d'un ou deux mois. Une fois les comptes de l'immeuble approuvés, la régularisation définitive du solde intervient dans le mois qui suit.

Deux erreurs classiques sur cette provision : la retenir sans justification, alors qu'elle doit correspondre à une régularisation de charges réellement attendue, et la conserver au-delà de l'arrêté des comptes « par précaution ». Dans les deux cas, la majoration de 10 % par mois de retard s'applique sur les sommes indûment conservées.

Ce que le bailleur peut retenir, et comment

Deux catégories de retenues sont possibles, toutes deux à justifier :

La frontière qui fait tout le contentieux : la vétusté n'est pas une dégradation. Une peinture fatiguée après cinq ans d'occupation normale, une moquette usée, un joint vieilli relèvent de l'usure normale et restent à la charge du bailleur. Annexer une grille de vétusté au bail objective la discussion et évite le tribunal.

Quelques exemples pour situer la frontière :

Constat à la sortie Retenue possible ?
Trou dans une cloison, absent de l'état des lieux d'entrée Oui, sur devis ou facture de réparation
Peinture ternie après cinq ans d'occupation normale Non, c'est de la vétusté
Logement rendu sale alors qu'il était propre à l'entrée Oui, facture de ménage à l'appui
Chaise de l'inventaire cassée Oui, sur la base d'une valeur d'usage, pas du prix du neuf
Moquette usée par le passage normal Non, sauf dégradation identifiable comme une brûlure ou une tache incrustée

Le remplacement à neuf est l'autre piège : même pour une dégradation avérée, le juge applique un abattement de vétusté, et une retenue calculée sur du matériel neuf sera réduite. Entre deux locataires, la distinction commande aussi le traitement fiscal des dépenses : notre article sur les travaux entre deux locataires fait le tri.

En meublé, l'inventaire chiffré du mobilier prend ici toute sa valeur : sans état détaillé signé à l'entrée, impossible de prouver que la table basse avait quatre pieds. C'est exactement le trio de documents que notre plateforme génère et archive pour chaque location : bail conforme, inventaire, états des lieux comparés.

Les réflexes qui évitent 90 % des litiges

En cas de litige : la gradation qui fonctionne

Aux trois étapes, le dossier gagnant reste le même : bail, états des lieux d'entrée et de sortie comparés, inventaire signé, photos datées, devis et factures. Le bailleur qui dispose de ces pièces n'a presque jamais besoin de la troisième étape.

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Fabien Peduzzi
Fabien Peduzzi
Responsable marketing et commercial
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Vos questions, nos réponses

Quel est le montant maximum du dépôt de garantie en meublé ? +

Deux mois de loyer hors charges. C'est un plafond : demander plus expose à devoir restituer l'excédent. En location nue, le plafond est d'un mois ; en bail mobilité, le dépôt est interdit.

Quand le dépôt de garantie doit-il être restitué ? +

Dans le mois qui suit la remise des clés si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, dans les deux mois sinon. Tout retard entraîne une majoration automatique de 10 % du loyer mensuel par mois commencé.

Le bailleur peut-il retenir le dépôt pour repeindre le logement ? +

Uniquement si la peinture a subi des dégradations anormales imputables au locataire, justifiées par la comparaison des états des lieux et un devis. L'usure normale liée au temps, elle, reste à la charge du bailleur.

Le locataire peut-il utiliser le dépôt comme dernier loyer ? +

Non. Le dépôt de garantie et le loyer sont deux obligations distinctes : ne pas payer le dernier mois constitue un impayé, même si le dépôt couvre la somme. La retenue se fera au décompte, mais l'impayé reste fautif.

Faut-il restituer le dépôt avec des intérêts ? +

Non, le dépôt de garantie ne produit pas d'intérêts au profit du locataire, quelle que soit la durée de la location. Seule la restitution tardive déclenche la majoration légale de 10 % par mois.

Combien de temps le bailleur peut-il garder la provision en copropriété ? +

Jusqu'à l'arrêté annuel des comptes de l'immeuble, dans la limite de 20 % du dépôt et à condition qu'une régularisation de charges soit réellement attendue. La restitution du solde doit ensuite intervenir dans le mois qui suit l'approbation des comptes.

Que faire en cas de désaccord sur les retenues ? +

Tenter d'abord une résolution amiable, puis saisir gratuitement la commission départementale de conciliation, et en dernier recours le juge des contentieux de la protection. Un dossier avec états des lieux comparés et factures se règle presque toujours avant l'audience.

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