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PNO, GLI, Visale : les assurances du bailleur en meublé

PNO obligatoire en copropriété, GLI, Visale : ce que chaque assurance du bailleur en meublé couvre, ce qu'elle coûte et ce qui reste déductible.

Fabien PeduzziPar Fabien Peduzzi, responsable marketing et commercial·Mis à jour le 3 août 2026·6 min de lecture
PNO, GLI, Visale : les assurances du bailleur en meublé

La réponse courte. Trois protections structurent la location meublée côté bailleur : l'assurance propriétaire non occupant (PNO), obligatoire dès que le bien est en copropriété et facturée de l'ordre de 60 à 200 euros par an ; la garantie loyers impayés (GLI), facultative, autour de 2,5 à 3,5 % du loyer annuel ; et la caution, physique ou Visale, non cumulable avec la GLI sauf pour un locataire étudiant ou apprenti. Toutes les primes sont déductibles au régime réel.

Le bailleur meublé assure trois choses distinctes : le logement, les loyers et la personne qui se porte garante. Confondre ces étages fait souscrire des doublons inutiles ou, pire, laisse des trous de couverture qu'on découvre le jour du sinistre.

La PNO : obligatoire en copropriété, indispensable ailleurs

Depuis la loi Alur du 24 mars 2014, tout propriétaire d'un lot en copropriété doit être assuré en responsabilité civile, même pour un bien loué : l'article 58 de la loi a inscrit cette obligation à l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété, applicable depuis 2015. Le législateur avait un motif simple : près de la moitié des copropriétaires non occupants n'étaient pas assurés, et un sinistre parti d'un lot vide se retournait contre tout l'immeuble. L'assurance propriétaire non occupant répond à cette obligation. Hors copropriété, elle n'est pas imposée par la loi, mais elle reste la seule protection pendant la vacance locative, entre deux locataires ou pendant des travaux, et elle intervient en second rang quand l'assurance du locataire est insuffisante ou absente.

Dans le détail, une PNO digne de ce nom couvre trois blocs : la responsabilité civile du propriétaire (un carreau qui tombe, une infiltration qui endommage l'appartement du dessous), les dommages au bien lui-même quand aucune autre assurance ne joue (logement vacant, sinistre sans responsable identifié), et, sur option, le mobilier que vous mettez à disposition. Ce dernier point est le piège du meublé : le mobilier vous appartient, c'est à votre PNO de le couvrir, pas à l'assurance du locataire, et il doit être déclaré pour l'être.

Les ordres de grandeur constatés vont de 60 à 200 euros par an pour un logement standard, davantage avec des garanties étendues ou du mobilier de valeur déclaré. Rapportée au loyer, la prime pèse rarement plus d'un demi-point de rendement, pour une garantie qui évite de porter seul un sinistre à cinq chiffres.

La GLI : une décision de gestion, pas un réflexe

La garantie loyers impayés couvre les loyers non payés, les dégradations au-delà du dépôt de garantie et les frais de procédure, moyennant 2,5 à 3,5 % du loyer annuel charges comprises. Trois règles de fonctionnement à connaître avant de signer :

Le calcul de rentabilité est simple : sur un loyer de 800 euros, la GLI coûte 250 à 350 euros par an. Rapporté au coût réel d'un impayé long (12 à 24 mois de procédure), c'est l'assurance la plus rationnelle du marché pour un bailleur qui dépend de ses loyers pour rembourser un crédit. Les critères d'éligibilité, les plafonds d'indemnisation et le comparatif avec la caution sont détaillés dans notre article dédié à la garantie loyers impayés.

L'assurance emprunteur, la garantie oubliée du bailleur

Si le bien est financé à crédit, une assurance de plus protège le montage sans que vous l'ayez vraiment choisie : l'assurance emprunteur, exigée par la banque au moins sur le décès et la perte totale et irréversible d'autonomie. Pour un investissement locatif, les garanties d'incapacité de travail sont souvent facultatives, les loyers étant censés couvrir les échéances : c'est un curseur à régler selon votre dépendance réelle à vos revenus d'activité. Deux réflexes de gestion s'imposent. D'abord, la délégation : depuis la loi Lemoine, le contrat se résilie et se remplace à tout moment, et un contrat individuel coûte fréquemment moins cher que le contrat groupe de la banque à garanties égales. Ensuite, la fiscalité : au régime réel, les primes d'assurance emprunteur du bien loué sont déductibles, au même titre que les intérêts du crédit.

Visale : la garantie gratuite trop peu utilisée

Pour les locataires de moins de 31 ans et de nombreux salariés en mobilité, la garantie Visale d'Action Logement couvre gratuitement les impayés (dans la limite d'un plafond de loyer) et remplace avantageusement une caution parentale. Sur un studio étudiant à Aix ou à Nice, exiger Visale coûte zéro et sécurise le dossier ; sur un bail mobilité, où le dépôt de garantie est interdit, c'est même l'outil naturel.

L'assurance du locataire, à vérifier chaque année

Le locataire d'un meublé de résidence principale doit s'assurer contre les risques locatifs au minimum (incendie, explosion, dégât des eaux), une obligation que la loi du 6 juillet 1989 applique au meublé comme au vide. À défaut, le bailleur a deux leviers prévus par la loi : résilier le bail si une clause le permet, ou souscrire une assurance pour le compte du locataire et la lui refacturer par douzième chaque mois, avec une majoration plafonnée à 10 % de la prime. Réclamez l'attestation à l'entrée puis à chaque échéance annuelle : le réflexe prend deux minutes et évite le face-à-face entre votre PNO et un locataire non assuré après un dégât des eaux.

Les trous de garantie les plus fréquents

Les sinistres mal couverts se logent presque toujours dans les mêmes angles morts :

Ce que la fiscalité rembourse

Au régime réel, toutes ces primes sont des charges déductibles : PNO, GLI, protection juridique liée au bien. Sur une tranche marginale à 30 % avec les prélèvements sociaux, l'État finance de fait près de la moitié de vos assurances, un paramètre que les bailleurs au micro-BIC oublient dans leur comparaison des régimes.

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Fabien Peduzzi
Fabien Peduzzi
Responsable marketing et commercial
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Vos questions, nos réponses

L'assurance PNO est-elle obligatoire pour louer en meublé ? +

Elle est obligatoire pour tout propriétaire d'un lot en copropriété, loué ou non, au titre de la responsabilité civile. Hors copropriété, elle est facultative mais couvre seule les périodes de vacance et complète l'assurance du locataire.

Combien coûte une assurance PNO ? +

De l'ordre de 60 à 200 euros par an pour un logement standard, selon la surface, la localisation et les garanties. En meublé, veillez à déclarer le mobilier pour qu'il soit couvert, la prime reste déductible au régime réel.

Peut-on cumuler GLI et caution ? +

Non, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti. Pour les autres profils, il faut choisir : garantie assurantielle ou garant physique. Le cumul irrégulier expose à la nullité de la caution.

La GLI couvre-t-elle tous les locataires ? +

Non : l'assureur impose des critères d'éligibilité au moment de la signature (taux d'effort, stabilité des revenus). Un locataire accepté hors critères ne sera pas indemnisé, d'où l'importance de constituer le dossier de solvabilité avant de signer.

Qu'est-ce que la garantie Visale ? +

Une caution gratuite d'Action Logement, ouverte notamment aux locataires de moins de 31 ans et aux salariés en mobilité, qui couvre les impayés dans la limite d'un plafond. Elle remplace une caution physique et se demande en ligne avant la signature du bail.

Les assurances du bailleur sont-elles déductibles ? +

Oui, intégralement, au régime réel : PNO, GLI et protection juridique liée au bien sont des charges de l'activité de location meublée. Au micro-BIC, elles sont réputées couvertes par l'abattement forfaitaire.

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