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Blog · Fiscalité LMNP

Passage de LMNP à LMP : seuils, conséquences et stratégie

Le basculement en loueur en meublé professionnel est automatique dès que deux seuils sont franchis, et il change tout : cotisations sociales, déficits, plus-values. Comment le voir venir et le piloter.

Guillaume MaileyPar Guillaume Mailey, expert-comptable inscrit à l'Ordre·Mis à jour le 7 juillet 2026·3 min de lecture
Passage de LMNP à LMP : seuils, conséquences et stratégie

La réponse courte. Vous devenez loueur en meublé professionnel (LMP) quand vos recettes meublées annuelles dépassent à la fois 23 000 euros et les autres revenus d'activité de votre foyer fiscal. La bascule est automatique, sans option possible, et transforme votre fiscalité : cotisations sociales des indépendants, déficits imputables sur le revenu global, plus-values au régime professionnel.

Le passage en LMP n'est ni une promotion ni une punition : c'est un autre système, avec ses avantages et ses coûts. Le vrai danger est de le subir sans l'avoir vu venir, souvent à l'occasion d'une nouvelle acquisition ou d'une année touristique exceptionnelle.

Les deux seuils, et l'erreur classique

Les conditions sont cumulatives : plus de 23 000 euros de recettes meublées ET des recettes supérieures aux autres revenus d'activité du foyer (salaires, autres BIC, BNC...). Un seul seuil franchi ne suffit pas.

L'erreur classique consiste à surveiller uniquement les 23 000 euros. Le second seuil est le plus traître : une baisse de revenus du foyer (départ en retraite, année sabbatique, chômage) peut vous faire basculer sans qu'aucun loyer n'ait augmenté. Le passage à la retraite est le déclencheur le plus fréquent que nous voyons au cabinet.

Infographie : les deux seuils cumulatifs du passage de LMNP à loueur en meublé professionnel

Ce qui change, poste par poste

LMNP LMP
Prélèvements sur les loyers Prélèvements sociaux de 18,6 % sur le bénéfice Cotisations sociales des indépendants, environ 30 à 45 % du bénéfice, avec un minimum annuel de l'ordre de 1 200 euros même sans bénéfice
Déficits Reportables 10 ans sur les seuls bénéfices meublés (voir notre article sur le déficit) Imputables sur le revenu global, sans plafond
Plus-value à la revente Régime des particuliers : abattements par durée de détention, avec réintégration des amortissements depuis 2025 Régime professionnel : plus-value court terme (amortissements) au barème et aux cotisations, long terme à 12,8 % plus prélèvements sociaux
Exonération de plus-value Exonération totale d'impôt après 22 ans de détention Exonération possible après 5 ans d'activité si les recettes restent sous 90 000 euros
IFI Biens imposables Exonération possible au titre des biens professionnels, sous conditions strictes

LMP : piège ou opportunité ?

Tout dépend de votre situation.

Le LMP coûte cher quand l'activité dégage un bénéfice : les cotisations sociales des indépendants remplacent les prélèvements sociaux, et le minimum forfaitaire tombe même les années sans bénéfice. Un patrimoine construit autour de l'amortissement, donc en résultat proche de zéro, paie le minimum sans contrepartie perçue, mais génère en échange des droits à retraite.

Le LMP devient intéressant dans deux scénarios précis : un investisseur fortement déficitaire (gros travaux à répétition) qui impute enfin ses déficits sur son revenu global, et un patrimoine détenu longtemps avec des recettes modestes, où l'exonération de plus-value professionnelle après cinq ans d'activité peut battre le régime des particuliers, surtout depuis la réforme 2025 qui réintègre les amortissements dans la plus-value du LMNP.

Autrement dit : depuis la réforme, le match LMNP contre LMP à la revente s'est resserré. Il se tranche au cas par cas, avec vos chiffres et votre horizon.

Piloter la bascule plutôt que la subir

L’essentiel en une image

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Récapitulatif visuel : Passage de LMNP à LMP : seuils, conséquences et stratégie
Guillaume Mailey
Votre interlocuteur
Guillaume Mailey
Expert-comptable inscrit à l'Ordre
Une question sur votre LMNP ? Prenez 15 minutes avec moi, on fait le point sur votre situation, sans engagement.

Vos questions, nos réponses

Le passage en LMP est-il un choix ? +

Non. Dès que les deux seuils sont franchis sur une année, le statut professionnel s'applique automatiquement. Il n'existe ni option pour rester LMNP, ni demande à déposer : c'est un constat fiscal.

Quels sont les deux seuils du LMP ? +

Plus de 23 000 euros de recettes annuelles de location meublée pour le foyer, et des recettes qui dépassent les autres revenus d'activité du foyer fiscal. Les deux conditions doivent être remplies en même temps.

Que deviennent mes amortissements reportés en passant LMP ? +

Le stock d'amortissements non déduits constitué en LMNP suit l'activité et continue de s'imputer selon les mêmes règles. Le changement de statut ne l'efface pas, à condition que le suivi comptable soit tenu correctement.

Le LMP paie-t-il des cotisations même sans bénéfice ? +

Oui : l'affiliation à la sécurité sociale des indépendants entraîne des cotisations minimales, de l'ordre de 1 200 euros par an, même en l'absence de bénéfice. En contrepartie, l'activité génère des droits à retraite et une protection sociale.

Peut-on redevenir LMNP après un passage en LMP ? +

Oui, dès qu'une des deux conditions n'est plus remplie l'année suivante. Ces allers-retours compliquent toutefois le suivi des déficits et des plus-values : un statut qui change chaque année est le signe qu'il faut structurer le patrimoine.

Le LMP échappe-t-il à la réforme 2025 des plus-values ? +

La réintégration des amortissements dans la plus-value des particuliers vise le LMNP. Le LMP relève du régime professionnel, où les amortissements sont depuis toujours repris via la plus-value court terme. La réforme a précisément rapproché les deux régimes sur ce point.

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