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CFE en LMNP : qui paie, combien, et les exonérations

La CFE est l'impôt surprise du loueur en meublé : qui la doit, comment elle se calcule, les exonérations de l'article 1459 du CGI et le calendrier.

Guillaume MaileyPar Guillaume Mailey, expert-comptable inscrit à l'Ordre·Mis à jour le 3 août 2026·5 min de lecture
CFE en LMNP : qui paie, combien, et les exonérations

La réponse courte. Oui, un loueur en meublé non professionnel paie en principe la cotisation foncière des entreprises (CFE), même pour un seul studio : la location meublée est une activité professionnelle au sens de cet impôt. Elle n'est pas due l'année de début d'activité, et plusieurs exonérations existent, dont la principale : des recettes annuelles qui ne dépassent pas 5 000 euros.

La CFE est l'impôt que presque aucun nouveau loueur n'a vu venir. Vous déclarez vos loyers au printemps, tout va bien, puis un avis tombe sur votre espace professionnel en novembre. Voici comment cet impôt local fonctionne, qui y échappe, et comment l'anticiper.

Pourquoi un particulier paie un impôt d'entreprise

La CFE frappe toute activité professionnelle non salariée exercée de manière habituelle, et l'administration range la location meublée dans cette catégorie, que vous soyez professionnel ou non au sens fiscal. Votre numéro SIRET, obtenu lors de l'immatriculation, déclenche l'inscription au fichier des redevables.

Le montant se calcule à partir de la valeur locative du bien et d'un taux voté par la commune. Quand la valeur locative est faible, ce qui est le cas de la plupart des logements loués, une base minimale s'applique, elle aussi fixée par la commune. Pour la majorité des loueurs, la CFE se situe donc entre 100 et 700 euros par an, avec de vrais écarts d'une ville à l'autre.

Combien : la base minimale et la lecture de l'avis

La plupart des loueurs relèvent de la base minimale, et la loi encadre la fourchette dans laquelle chaque commune la fixe. Pour la CFE 2026, établie sur les recettes de 2024, le barème national est le suivant :

Recettes de l'année N-2 Base minimale (fourchette laissée à la commune)
Jusqu'à 10 000 € 250 € à 597 €
De 10 001 € à 32 600 € 250 € à 1 194 €
De 32 601 € à 100 000 € 250 € à 2 509 €

La cotisation s'obtient en multipliant cette base par le taux voté par la commune et l'intercommunalité. Un même studio génère donc une CFE différente à Nice, Toulon ou Gap, et aucun barème public ne donne le montant final à l'avance : les communes ne publient pas de « tarif CFE » consultable. Pour connaître le vôtre, une seule méthode fiable existe, la lecture de l'avis mis en ligne chaque automne sur votre espace professionnel impots.gouv.fr, qui détaille la base retenue, le taux appliqué et la cotisation due. C'est aussi sur cet avis que se repèrent les anomalies contestables, comme une base minimale appliquée à une tranche de recettes erronée.

Les exonérations prévues par la loi

L'article 1459 du Code général des impôts exonère notamment :

Situation Exonération
Recettes annuelles n'excédant pas 5 000 € (appréciées sur l'année N-2) Exonération de la cotisation minimale, automatique
Location occasionnelle d'une partie de son habitation personnelle Exonérée
Sous-location d'une partie de l'habitation principale à un locataire qui en fait sa résidence principale, à prix raisonnable Exonérée
Meublé de tourisme dans une partie de la résidence principale ou secondaire Exonérée, sauf délibération contraire de la commune

Le loyer « raisonnable » de la troisième ligne est chiffré chaque année par l'administration : pour 2026, il correspond à un loyer annuel n'excédant pas 159 euros par mètre carré en province, donc partout en PACA (215 euros en Île-de-France). Cette configuration, celle de la chambre louée chez l'habitant, cumule souvent exonération de CFE et fiscalité allégée.

Deux règles de calendrier s'y ajoutent : aucune CFE n'est due l'année de création de l'activité, et la base d'imposition est réduite de moitié la première année où l'impôt devient dû.

Attention au réflexe inverse : beaucoup de loueurs saisonniers du littoral croient être exonérés au titre du meublé de tourisme alors que leur commune a précisément voté la délibération contraire. Sur la côte varoise ou à Nice, la vérification commune par commune n'est pas optionnelle. C'est le genre de règle locale que nous suivons pour nos clients de toute la région PACA.

Le calendrier CFE, de l'immatriculation au paiement

  1. Année de début : déposer la déclaration initiale 1447-C avant le 31 décembre. C'est elle qui décrit le bien (adresse, surface, nature de l'activité) et permet à l'administration de calculer votre future cotisation. Elle ne se redépose pas chaque année : seul un changement (nouveau bien, modification de surface) justifie une nouvelle déclaration. Aucune CFE à payer cette année-là, un point développé dans notre guide pour débuter en LMNP en cours d'année.
  2. Chaque automne : l'avis de CFE est mis en ligne sur votre espace professionnel impots.gouv.fr, jamais envoyé par courrier. Créez cet espace dès la réception du SIRET, sinon vous ne verrez pas l'avis.
  3. Le 15 décembre : date limite de paiement, par prélèvement ou paiement en ligne obligatoire.

CFE et taxe d'habitation : cumul ou pas ?

La règle de principe veut qu'un même local ne supporte pas les deux impôts. Un logement exclusivement dédié à la location meublée toute l'année relève de la CFE et échappe à la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, puisque son propriétaire n'en conserve pas la jouissance. À l'inverse, une partie de votre habitation personnelle louée ponctuellement reste dans le champ de la taxe d'habitation, l'exonération de CFE de l'article 1459 prenant alors le relais.

La zone grise concerne les résidences secondaires louées en saisonnier une partie de l'année. Lorsque le propriétaire se réserve la possibilité d'occuper le bien en dehors des périodes de location, l'administration considère qu'il en conserve la jouissance au 1er janvier et admet le cumul de la CFE et de la THRS, une position confirmée par réponses ministérielles en 2025. Sur le littoral varois ou niçois, où la THRS est fréquemment majorée, ce cumul pèse lourd dans la rentabilité d'un pied-à-terre loué l'été. Le sujet complet est traité dans notre article sur la taxe d'habitation en location meublée.

Peut-on réduire sa CFE ?

Les leviers sont réels mais limités :

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Guillaume Mailey
Guillaume Mailey
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Vos questions, nos réponses

Je loue un seul studio, dois-je vraiment payer la CFE ? +

Oui, en principe, dès lors que vos recettes dépassent 5 000 euros par an. Un studio loué 450 euros par mois génère environ 5 400 euros de recettes : il passe juste au-dessus du seuil d'exonération.

La CFE est-elle due au micro-BIC comme au réel ? +

Oui. La CFE ne dépend pas de votre régime d'imposition sur le revenu : micro-BIC ou réel, la règle est la même. La différence est qu'au réel, elle se déduit de votre résultat imposable.

Pourquoi n'ai-je reçu aucun avis de CFE ? +

L'avis n'est jamais envoyé par courrier : il est mis en ligne sur votre espace professionnel impots.gouv.fr à l'automne. Si vous n'avez pas créé cet espace, vous ne le verrez pas, et la majoration pour retard tombera quand même.

Combien coûte la CFE pour un LMNP ? +

Le plus souvent entre 100 et 700 euros par an, selon la commune, la valeur locative du bien et la base minimale votée localement. Le montant exact figure sur l'avis mis en ligne chaque automne.

La CFE de la première année est-elle due ? +

Non : l'année de création de l'activité est exonérée, à condition d'avoir déposé la déclaration initiale 1447-C avant le 31 décembre. La première cotisation arrive l'année suivante, avec une base réduite de moitié.

Un meublé de tourisme est-il exonéré de CFE ? +

Uniquement s'il occupe une partie de votre résidence principale ou secondaire, et seulement si la commune n'a pas voté de délibération contraire. Un bien dédié entièrement à la location saisonnière suit la règle générale.

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