La réponse courte. L'amortissement LMNP traduit l'usure comptable de votre bien en charge déductible, année après année, sans que vous ne sortiez le moindre euro. Le terrain ne s'amortit pas, mais le bâti, le mobilier et les frais d'acquisition, si. Sur un T2 acheté 250 000 euros, cette charge dépasse 9 000 euros par an et ramène le plus souvent le résultat imposable à zéro.
L'amortissement est le vrai moteur du régime réel en LMNP. C'est lui qui explique pourquoi tant de loueurs en meublé ne paient aucun impôt sur leurs loyers pendant des années, en toute légalité. Encore faut-il le calculer correctement, car c'est un exercice technique, encadré et contrôlable.
Le principe de l'amortissement
Comptablement, votre bien se déprécie avec le temps. L'amortissement traduit cette dépréciation en une charge déductible étalée sur la durée d'usage de chaque élément. C'est une charge « non décaissée » : elle réduit votre résultat imposable sans correspondre à une dépense réelle de l'année.
Une charge comptable importante vient ainsi s'imputer sur vos loyers. Combinée aux charges déductibles classiques, elle fait fondre le résultat imposable, souvent jusqu'à zéro. L'amortissement n'existe qu'au régime réel : le micro-BIC, forfaitaire, ne l'autorise pas.
Ce qui est amortissable en LMNP, et ce qui ne l'est pas
Avant tout calcul, il faut trier les dépenses : certaines s'amortissent sur plusieurs années, d'autres se déduisent l'année du paiement, et une partie du prix ne se déduit jamais.
| Élément | Traitement au régime réel |
|---|---|
| Construction (gros œuvre, toiture, installations, agencements) | Amortissable, composant par composant |
| Terrain | Jamais amortissable |
| Mobilier et équipements de l'équipement initial | Amortissables, même si chaque meuble coûte moins de 500 € HT |
| Petit matériel ou meuble isolé de remplacement, jusqu'à 500 € HT pièce | Déductible en charge l'année de l'achat |
| Travaux d'amélioration, d'agrandissement ou de remplacement d'un composant | Amortissables sur leur propre durée |
| Travaux d'entretien et de réparation courante | Déductibles en charge l'année de la dépense |
| Frais d'acquisition (droits, notaire, agence) | Au choix : en charge, ou incorporés au prix et amortis hors quote-part terrain |
Le seuil des 500 euros hors taxes
L'administration admet que les petits matériels et les meubles dont le prix unitaire hors taxes n'excède pas 500 euros passent directement en charge (BOI-BIC-CHG-20-30-10, § 20 et 30). Elle ne s'applique ni à l'équipement initial du logement ni à son renouvellement complet, même lorsque chaque meuble reste sous le seuil (§ 30 du même texte). La cour administrative d'appel de Marseille a ainsi refusé cette tolérance, le 28 mai 2026, à une société qui avait déduit en une fois le mobilier et les équipements de ses appartements loués meublés : le juge y a vu des immobilisations, à amortir sur plusieurs années (Weblex, CAA Marseille n° 24MA03297). La tolérance sert donc à remplacer une bouilloire ou une chaise en cours d'exploitation.
Travaux : entretien en charge, amélioration en amortissement
Une dépense qui se borne à maintenir le bien en état, sans prolonger sa durée d'utilisation ni augmenter sa valeur, se déduit immédiatement. Dès qu'elle augmente la valeur du bien, prolonge notablement sa durée de vie ou remplace un composant entier, elle s'inscrit à l'actif et s'amortit (BOI-BIC-CHG-20-20-20). Repeindre une chambre relève de l'entretien, refaire toute l'installation électrique relève du remplacement d'un composant. Notre guide des travaux en LMNP passe en revue les cas fréquents.
Frais d'acquisition : une option à prendre une fois pour toutes
Droits de mutation, honoraires du notaire et commission d'agence se déduisent en charge la première année ou s'incorporent au coût d'acquisition pour être amortis. L'option est irrévocable et s'applique de manière uniforme à toutes les immobilisations acquises ensuite (BOI-BIC-CHG-20-20-10, § 160 et 170). Quand ils sont incorporés, les frais suivent la ventilation du prix : la part rattachée au terrain ne s'amortit pas, puisque le terrain lui-même ne s'amortit jamais (BOI-BIC-AMT-10-10). Notre article sur les frais de notaire et d'agence en LMNP compare les deux options.
L'amortissement par composants
On ne pratique pas un amortissement global du bien. La construction se décompose en éléments qui s'usent à des rythmes différents, chacun avec sa propre durée. C'est l'amortissement par composants.
| Composant | Durée d'amortissement usuelle |
|---|---|
| Gros œuvre (structure) | 40 à 80 ans |
| Toiture, façade, étanchéité | 25 à 30 ans |
| Installations techniques (chauffage, électricité) | 15 à 20 ans |
| Agencements et finitions | 10 à 15 ans |
| Mobilier et équipements | 5 à 10 ans |
| Frais d'acquisition (notaire, agence) | Amortissables si immobilisés |
Sur un bien de 250 000 euros hors terrain, l'ensemble représente couramment autour de 10 000 euros de charge annuelle pendant les premières années. C'est ce chiffre qui neutralise l'impôt sur les loyers.
Comment isoler la valeur du terrain
Le terrain ne s'use pas : il ne s'amortit jamais. Une quote-part correspondant au terrain doit donc être isolée dès l'entrée du bien au bilan. Sa valeur varie fortement selon la localisation : elle peut représenter 10 à 15 % dans une copropriété dense, bien davantage pour une maison sur une parcelle en zone tendue de la côte PACA.
Cette ventilation doit être cohérente et défendable en cas de contrôle fiscal. Une quote-part de terrain sous-évaluée pour gonfler l'amortissement est un motif de redressement classique.
Comment calculer l'amortissement LMNP, étape par étape
Le calcul de l'amortissement d'un bien immobilier en LMNP suit toujours le même enchaînement, et une erreur au départ se répercute sur toute la durée du plan.
- Fixer la valeur d'entrée du bien. Pour un achat, c'est le prix d'acquisition, augmenté des frais si vous avez choisi de les incorporer. Pour un bien que vous possédiez déjà avant de le louer meublé au réel, la règle est différente (voir plus bas).
- Isoler la quote-part de terrain. Elle sort de la base amortissable dès le départ. La doctrine laisse cette ventilation sous la responsabilité du loueur et cite les méthodes admises, comme la comparaison avec des ventes de terrains ou le coût de reconstruction (BOI-BIC-CHAMP-40-20, § 58).
- Ventiler la construction par composants. Gros œuvre, toiture et façade, installations techniques, agencements : chacun reçoit une part de la valeur du bâti.
- Attribuer une durée à chaque composant. Ces durées reflètent l'usage réel de chaque élément et doivent pouvoir se justifier, comme le montre le tableau plus haut.
- Appliquer le mode linéaire. L'annuité est égale à la base du composant divisée par sa durée. Pour un logement et son mobilier, le linéaire est la règle : les immeubles d'habitation sont exclus de l'amortissement dégressif, tout comme les biens achetés d'occasion (BOI-BIC-AMT-20-10, § 20 et 60 ; BOI-BIC-AMT-20-20-20-20, § 1).
- Proratiser la première année. La première annuité est réduite au prorata du temps écoulé entre la mise en service et la clôture de l'exercice, ce temps se comptant en jours (BOI-BIC-AMT-20-10, § 240).
- Comparer au plafond de l'article 39 C. La dotation déductible de l'année ne peut pas dépasser les loyers diminués des autres charges ; l'excédent part en réserve.
Notre simulateur d'amortissement LMNP applique ce raisonnement à vos propres chiffres et donne un premier ordre de grandeur, avant un plan établi sur pièces.
Exemple : le plan d'amortissement d'un T2 à 250 000 euros
Voici à quoi ressemble un plan d'amortissement réel sur un appartement acheté 250 000 euros (frais d'agence inclus), meublé pour 8 000 euros, avec 18 000 euros de frais de notaire immobilisés. La quote-part de terrain est fixée à 15 %, une valeur courante en copropriété dense.
| Élément | Valeur retenue | Durée | Dotation annuelle |
|---|---|---|---|
| Terrain (15 %) | 37 500 € | Non amortissable | 0 € |
| Gros œuvre (50 %) | 125 000 € | 50 ans | 2 500 € |
| Façade, toiture, étanchéité (10 %) | 25 000 € | 25 ans | 1 000 € |
| Installations techniques (15 %) | 37 500 € | 20 ans | 1 875 € |
| Agencements intérieurs (10 %) | 25 000 € | 12 ans | 2 083 € |
| Mobilier | 8 000 € | 7 ans | 1 143 € |
| Frais d'acquisition immobilisés (hors part terrain de 15 %) | 15 300 € | 25 ans | 612 € |
| Total la première année pleine | 9 213 € |
Les durées et quotes-parts de ce tableau sont des ordres de grandeur usuels : chaque dossier s'ajuste selon l'année de construction, l'état du bien et sa localisation, comme expliqué dans notre article sur l'amortissement par composants. Le mobilier suit ses propres règles, détaillées dans l'amortissement du mobilier, et le plan complet se reporte chaque année sur le tableau des amortissements de la 2033-C. Notre cas pratique marseillais déroule ce calcul de bout en bout sur un dossier type.
La première année, chaque dotation se calcule au prorata de la durée de détention : un bien mis en location le 1er juillet ne génère que six mois d'amortissement sur l'exercice.
Le tableau d'amortissement LMNP année par année
Le plan se suit composant par composant, avec le cumul des amortissements et la valeur nette qui reste à amortir. Voici la ligne du gros œuvre de notre T2, loué à partir du 1er juillet, soit 184 jours la première année : la première dotation vaut 2 500 euros multipliés par 184/365.
| Année | Dotation | Cumul des amortissements | Valeur nette restante |
|---|---|---|---|
| Année 1 (184 jours) | 1 260 € | 1 260 € | 123 740 € |
| Année 2 | 2 500 € | 3 760 € | 121 240 € |
| Année 3 | 2 500 € | 6 260 € | 118 740 € |
Les quelques jours non amortis la première année se rattrapent en fin de plan, sur une 51e année partielle. Chaque composant possède sa propre ligne, et l'ensemble se reporte chaque année sur le tableau 2033-C de la liasse fiscale, où le cumul doit toujours retomber juste : cumul de l'an dernier plus dotation de l'année égale cumul actuel.
Combien d'impôt l'amortissement fait-il économiser ?
Reprenons le T2 ci-dessus, loué 1 100 euros par mois, soit 13 200 euros de loyers annuels, avec 4 800 euros de charges réelles (intérêts d'emprunt, copropriété, assurance, CFE, comptable).
| Sans amortissement | Avec amortissement | |
|---|---|---|
| Loyers imposables | 13 200 € | 13 200 € |
| Charges déduites | 4 800 € | 4 800 € |
| Amortissement déduit | 0 € | 8 400 € |
| Résultat imposable | 8 400 € | 0 € |
| Impôt et prélèvements sociaux (TMI 30 % + 18,6 %) | 4 082 € | 0 € |
Pour un contribuable dont la tranche marginale est de 30 %, chaque euro de résultat imposable coûte 48,6 centimes, en ajoutant les prélèvements sociaux de 18,6 % qui s'appliquent aux revenus meublés depuis les revenus 2025. L'amortissement efface ici 4 082 euros d'impôt par an, et les 813 euros de dotation non utilisés (9 213 moins 8 400) partent en réserve pour les années suivantes.
La comparaison avec le micro-BIC achève de convaincre : sur les mêmes loyers, l'abattement de 50 % laisserait 6 600 euros imposables, soit 3 208 euros de prélèvements chaque année, là où le réel n'en réclame aucun.
Bien acheté avant le passage au réel ou bien personnel mis en location
Beaucoup de loueurs passent au réel des années après l'achat, après une période au micro-BIC, une location nue ou en meublant un ancien logement personnel. La base d'amortissement dépend alors de la nature de l'élément.
L'immeuble : la valeur réelle au jour de l'inscription
La doctrine administrative prévoit qu'un immeuble appartenant à l'exploitant, resté jusque-là dans son patrimoine privé, peut être inscrit à l'actif en cours d'exploitation pour sa valeur réelle, et que les amortissements annuels se calculent ensuite sur cette valeur (BOI-BIC-AMT-10-30-30-10, § 480 ; Socic, valorisation d'un bien immobilier à l'actif). Pour un appartement acheté il y a longtemps, on part ainsi de sa valeur actuelle, terrain toujours exclu, justifiée par des avis de valeur ou des ventes comparables conservés au dossier. Nos articles sur le passage du micro au réel et sur la transformation d'une location nue en meublée détaillent les démarches.
Les années passées ne se rattrapent pas
L'amortissement démarre à la date d'inscription. Un amortissement non comptabilisé ne se déduit jamais après coup : pour la première imposition d'une entreprise, les amortissements antérieurs figurent au bilan d'ouverture sans pouvoir être déduits (BOI-BIC-AMT-10-30-30-10, § 470 ; BOI-BIC-AMT-10-50, § 1 et 10). Les années passées au micro-BIC ne produisent donc aucune déduction rétroactive.
Le cas des années au micro-BIC
Si vous avez commencé au micro-BIC, sachez que la loi considère que l'abattement forfaitaire du micro « tient compte des amortissements pratiqués selon le mode linéaire » (article 50-0 du code général des impôts, repris au BOI-BIC-CHAMP-40-20, § 435). Pour un meuble ou un équipement acheté pendant la période micro, et donc déjà utilisé dans la location, la doctrine retient en principe une inscription au prix de revient d'origine, les amortissements des années écoulées ne pouvant plus être admis en déduction (BOI-BIC-AMT-10-30-30-10, § 500) : un canapé acheté il y a huit ans et prévu pour durer dix n'offre plus que deux années de déduction. Pour l'immeuble, les textes ne tranchent pas expressément l'articulation de cette règle avec l'inscription à la valeur réelle : la base retenue au passage au réel se choisit et se documente avec votre expert-comptable, car elle conditionne des décennies d'annuités.
Ce que l'amortissement ne peut pas faire
L'amortissement ne peut pas créer de déficit imputable sur votre revenu global. C'est la règle posée par l'article 39 C du Code général des impôts : il ne peut pas dépasser le montant des loyers, une fois les autres charges déduites.
La part d'amortissement non utilisée une année n'est pas perdue pour autant. Elle est mise en réserve et se reporte sans limite de durée sur les bénéfices futurs de votre activité de loueur. Rien ne se perd, tout se reporte, y compris au-delà des règles du déficit LMNP.
Amortissement LMNP non déductible : ce que cela recouvre
L'expression recouvre quatre situations différentes.
- L'excédent bloqué par l'article 39 C. La limite s'apprécie globalement, sur l'ensemble des biens loués et des meubles qui les garnissent (BOI-BIC-CHAMP-40-20, § 57 ; BOI-BIC-AMT-20-40-10-20, § 100). Si vous louez deux appartements, l'amortissement de l'un peut absorber les loyers de l'autre. L'excédent n'est que différé : il se déduira des bénéfices des années suivantes, et il se suit d'une année sur l'autre sur un état de suivi.
- Le terrain, et la part des frais d'acquisition qui lui est rattachée. Ici, la déduction est définitivement exclue pendant toute la détention.
- L'amortissement omis. L'article 39 B du code général des impôts impose de constater chaque année un amortissement au moins égal à l'amortissement linéaire. Tout manquement entraîne la perte définitive du droit à déduire la part omise (BOI-BIC-AMT-10-50, § 10 ; Légifiscal, amortissements différés en mode linéaire). Seul l'article 39 C permet de mettre légalement de l'amortissement en réserve.
- Le logement qui a ouvert droit à la réduction Censi-Bouvard. Pour un bien ayant bénéficié de la réduction d'impôt de l'article 199 sexvicies du CGI, l'article 39 G ne laisse déductible que l'amortissement calculé sur la fraction du prix de revient qui excède la base de la réduction, et la part exclue ne rejoint pas la réserve de l'article 39 C : la limite est définitive. Le calcul est détaillé dans notre article sur le Censi-Bouvard après 9 ans.
La réintégration à la revente : ce que 2025 a changé
Pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits pendant la location viennent minorer le prix d'acquisition retenu pour le calcul de la plus-value de revente. Un exemple fixe les ordres de grandeur : un bien acheté 250 000 euros, revendu 320 000 euros après 85 000 euros d'amortissements déduits, dégageait avant la réforme une plus-value brute de 70 000 euros ; l'assiette monte désormais à 155 000 euros (320 000 moins 165 000), avant abattements pour durée de détention. La loi de finances pour 2025 épargne toutefois certaines résidences services, comme les résidences étudiantes et les établissements pour personnes âgées ou handicapées.
Faut-il pour autant renoncer à amortir ? Non, pour trois raisons. L'économie d'impôt annuelle est immédiate, certaine et se produit à votre taux marginal (48,6 % dans notre exemple), tandis que la réintégration n'intervient qu'à la vente, au taux de 19 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux propres aux plus-values. Les abattements pour durée de détention continuent ensuite de s'appliquer, jusqu'à l'exonération d'impôt à 22 ans de détention et de prélèvements sociaux à 30 ans. Enfin, une transmission par donation ou succession sort du dispositif, puisqu'il ne vise que les ventes. La stratégie d'amortissement se pense donc sur l'horizon total de détention : plus il est long, plus l'arbitrage penche en faveur de l'amortissement.
Les erreurs qui coûtent cher
- Amortir le terrain. La quote-part de terrain ne s'amortit jamais : l'inclure gonfle artificiellement la charge et se redresse en contrôle, rappel d'impôt et intérêts de retard à la clé.
- Oublier le prorata de la première année. L'amortissement court à partir de la date de mise en location, comptée en jours : une année pleine déduite pour six mois d'exploitation est une erreur immédiatement visible sur la liasse.
- Déduire l'amortissement en déficit. L'article 39 C plafonne la déduction au résultat avant amortissement : la part excédentaire se met en réserve, elle ne vient jamais grossir le déficit LMNP.
- Perdre le suivi des réserves. Le stock d'amortissements non utilisés se suit d'année en année sur la liasse : un tableau égaré, ce sont des déductions futures perdues et une réintégration à la revente impossible à justifier.
- Sous-évaluer la quote-part de terrain pour amortir davantage : le gain de court terme se paie en redressement, la ventilation doit rester défendable devant l'administration.
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Vos questions, nos réponses
Le terrain s'amortit-il ? +
Non, jamais. Une quote-part correspondant au terrain doit être isolée dès l'entrée du bien au bilan : seuls la construction, ses composants, le mobilier et les frais d'acquisition immobilisés s'amortissent.
Sur quelle durée s'amortit le mobilier ? +
Les durées usuelles vont de 5 à 10 ans selon la nature des meubles et équipements. Chaque élément suit sa propre durée : c'est le principe de l'amortissement par composants.
L'amortissement peut-il créer un déficit ? +
Non. L'article 39 C du Code général des impôts empêche l'amortissement de creuser un déficit sur l'activité meublée. La part non déduite se met en réserve et se reporte sans limite de durée sur les bénéfices futurs.
Que deviennent mes amortissements si je revends ? +
Depuis la réforme 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable. La stratégie d'amortissement se pense donc en fonction de votre horizon de détention.
Puis-je calculer mes amortissements moi-même ? +
Le calcul par composants demande des durées cohérentes et une ventilation défendable en cas de contrôle. C'est précisément le travail d'un expert-comptable, qui engage sa signature sur le résultat.
Un bien acheté il y a des années peut-il encore être amorti ? +
Oui. Un immeuble resté dans votre patrimoine privé peut être inscrit à l'actif pour sa valeur réelle au jour de son inscription, et l'amortissement se calcule sur cette valeur, terrain exclu (BOI-BIC-AMT-10-30-30-10, § 480). Les années antérieures ne donnent lieu à aucune déduction rétroactive. Si vous étiez déjà loueur en meublé au micro-BIC, l'abattement forfaitaire est réputé avoir couvert les amortissements linéaires de cette période : la base retenue pour l'immeuble et le mobilier se discute alors au cas par cas et se documente.
Comment calculer l'amortissement d'un bien immobilier en LMNP ? +
Partez de la valeur d'entrée du bien, retirez la quote-part de terrain, répartissez le reste entre les composants, puis divisez la valeur de chaque composant par sa durée d'utilisation. La première année, chaque annuité se réduit au prorata des jours de location. Le total de l'année est ensuite comparé aux loyers diminués des autres charges, en application de l'article 39 C.
Qu'est-ce qui est amortissable en LMNP ? +
La construction et ses composants, le mobilier, les travaux d'amélioration ou de remplacement d'un composant et les frais d'acquisition incorporés au prix. Le terrain ne l'est jamais, et l'entretien courant comme le petit matériel de remplacement jusqu'à 500 euros HT pièce passent en charge.
Peut-on ne pas amortir une année pour garder l'amortissement en réserve ? +
Non. L'article 39 B du code général des impôts impose de comptabiliser chaque année au moins l'amortissement linéaire, et la part omise est définitivement perdue. La seule mise en réserve légale est celle de l'article 39 C, qui reporte automatiquement l'amortissement que les loyers ne permettent pas d'absorber.
- Article 39 C du Code général des impôts
- BOI-BIC-CHAMP-40-20 : location meublée, régime fiscal (39 C, terrain, micro-BIC)
- Impots.gouv.fr : locations meublées et régime réel
- Plan comptable général : amortissement par composants
- Service-public.fr : location meublée non professionnelle
- Impots.gouv.fr : plus-value de cession d'un bien loué en meublé
- BOI-BIC-AMT-10-30-30-10 : base de l'amortissement, biens inscrits en cours d'exploitation (§ 470 à 500)
- BOI-BIC-CHG-20-30-10 : biens de faible valeur, tolérance des 500 euros HT
- BOI-BIC-CHG-20-20-20 : dépenses relatives aux immobilisations existantes (entretien, remplacement de composants)
- BOI-BIC-CHG-20-20-10 : frais d'acquisition des immobilisations, option charge ou incorporation
- BOI-BIC-AMT-10-10 : biens amortissables, exclusion des terrains
- BOI-BIC-AMT-20-10 : amortissement linéaire et prorata temporis
- BOI-BIC-AMT-20-20-20-20 : biens éligibles à l'amortissement dégressif
- BOI-BIC-AMT-10-50 : comptabilisation des amortissements, amortissement minimal de l'article 39 B
- BOI-BIC-AMT-20-40-10-20 : calcul de l'amortissement déductible des biens loués
- Weblex : CAA Marseille, 28 mai 2026, n° 24MA03297, mobilier d'une location meublée