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Classement en meublé de tourisme : la démarche qui divise votre impôt

160 à 200 euros, une visite, 5 ans de validité : le classement en étoiles fait passer l'abattement micro-BIC de 30 à 50 % et le plafond de 15 000 à 83 600 euros. La procédure pas à pas et le calcul de rentabilité.

Guillaume MaileyPar Guillaume Mailey, expert-comptable inscrit à l'Ordre·Mis à jour le 7 juillet 2026·3 min de lecture
Classement en meublé de tourisme : la démarche qui divise votre impôt

La réponse courte. Le classement en meublé de tourisme s'obtient après la visite d'un organisme accrédité, pour 160 à 200 euros environ, et reste valable cinq ans. Depuis la loi Le Meur, il fait passer l'abattement micro-BIC de 30 à 50 % et le plafond de recettes de 15 000 à 83 600 euros : pour un loueur saisonnier au micro, il se rembourse presque toujours dès la première année.

Longtemps perçu comme un gadget d'office de tourisme, le classement en étoiles est devenu un levier fiscal de premier plan. Voici comment il fonctionne, ce qu'il rapporte exactement, et dans quels cas il ne suffit pas.

Ce que le classement change, chiffres en main

Depuis la loi Le Meur, l'écart entre classé et non classé s'est creusé :

Non classé Classé (1 à 5 étoiles)
Abattement micro-BIC 30 % 50 %
Plafond de recettes (revenus 2026) 15 000 € 83 600 €
Taxe de séjour 1 à 5 % du prix de la nuitée par personne Tarif fixe par catégorie, souvent plus doux
Visibilité Standard Base officielle des hébergements classés, mise en avant par les offices de tourisme

Exemple : 20 000 euros de nuitées annuelles. Non classé, vous dépassez le plafond du micro et basculez au réel de force. Classé, vous restez au micro avec 10 000 euros imposables au lieu de 14 000. Dans une tranche à 30 % plus prélèvements sociaux de 18,6 %, le classement économise près de 1 950 euros par an, pour une démarche à moins de 200 euros tous les cinq ans.

La procédure, étape par étape

  1. Choisir un organisme évaluateur : soit accrédité COFRAC, soit agréé au titre du code du tourisme. La liste officielle est tenue par Atout France.
  2. Demander un devis et préparer la visite. Le contrôle porte sur la grille nationale : 133 critères répartis en trois chapitres (équipements et aménagements, services au client, accessibilité et développement durable).
  3. Recevoir la visite. L'évaluateur vérifie surfaces, literie, équipements, état général. Comptez une à deux heures selon le logement.
  4. Recevoir le rapport et la décision de classement, avec une note de 1 à 5 étoiles. Vous avez ensuite 15 jours pour refuser, sinon le classement est acquis.
  5. Déclarer le classement : à votre mairie, et cochez la case correspondante dans vos déclarations fiscales. La date de classement conditionne l'année d'application du régime fiscal du classé.

Le classement vaut cinq ans : mettez un rappel pour le renouvellement, un classement expiré ramène brutalement au régime du non classé, avec le plafond de 15 000 euros.

Viser combien d'étoiles ?

Fiscalement, une étoile suffit : l'abattement de 50 % ne dépend pas du nombre d'étoiles. Les étoiles supplémentaires jouent sur l'image, la taxe de séjour dans certaines communes, et le positionnement tarifaire. Notre conseil habituel : visez le classement que votre logement obtient sans travaux, encaissez l'avantage fiscal, et montez en gamme plus tard si votre stratégie locative le justifie.

Quand le classement ne suffit pas

Le classement optimise le micro-BIC, il ne le rend pas toujours pertinent. Trois cas typiques où il faut aller plus loin :

Le bon réflexe : faire les deux calculs, micro classé contre réel, avant d'engager la démarche. C'est un arbitrage que nous chiffrons systématiquement pour nos clients saisonniers de la région, notre guide du meublé de tourisme en donne la méthode.

Guillaume Mailey
Votre interlocuteur
Guillaume Mailey
Expert-comptable inscrit à l'Ordre
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Vos questions, nos réponses

Combien coûte le classement d'un meublé de tourisme ? +

Entre 160 et 200 euros environ selon l'organisme et la localisation, pour une validité de cinq ans. Le coût est déductible au régime réel, comme les autres frais de l'activité.

Qui délivre le classement en étoiles ? +

Des organismes de contrôle accrédités par le COFRAC ou agréés au titre du code du tourisme, dont la liste officielle figure sur le site d'Atout France. Ni la mairie ni la préfecture ne classent elles-mêmes.

Le classement est-il obligatoire pour louer en saisonnier ? +

Non, c'est une démarche volontaire. Les obligations locales (déclaration en mairie, numéro d'enregistrement, changement d'usage le cas échéant) s'appliquent en revanche à tous, classés ou non.

Une étoile suffit-elle pour l'abattement de 50 % ? +

Oui. L'avantage fiscal du micro-BIC est identique de 1 à 5 étoiles. Le nombre d'étoiles joue sur l'image, certains tarifs de taxe de séjour et votre positionnement commercial, pas sur l'abattement.

Que se passe-t-il si mon classement expire ? +

Vous redevenez un meublé non classé : abattement ramené à 30 % et plafond à 15 000 euros dès l'année concernée. Le renouvellement se prépare quelques mois avant l'échéance des cinq ans.

Le classement protège-t-il des règles locales (quotas, DPE) ? +

Non. Quotas d'autorisations, changement d'usage, exigences de DPE et plafonds de jours restent applicables. Le classement est un levier fiscal et commercial, pas un passe-droit réglementaire.

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