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Louer en Airbnb à Marseille : les règles à respecter

Enregistrement obligatoire, résidence principale limitée à 90 jours, compensation pour les résidences secondaires : les règles Airbnb à Marseille, à jour.

Fabien PeduzziPar Fabien Peduzzi, responsable marketing et commercial·Mis à jour le 19 octobre 2026·8 min de lecture
Louer en Airbnb à Marseille : les règles à respecter

La réponse courte. Louer en courte durée à Marseille exige un numéro d'enregistrement délivré par la ville, à faire figurer sur chaque annonce. Une résidence principale ne peut plus être louée que 90 jours par an depuis le 1er janvier 2026, plafond abaissé par la délibération municipale 25/0223/VAT du 25 avril 2025. Une résidence secondaire doit obtenir une autorisation de changement d'usage avec compensation dès le premier logement, une autorisation attachée au local lui-même. Marseille est passée en quelques années d'un far west locatif à l'une des villes les plus strictes de France.

La deuxième ville de France a longtemps été le refuge des loueurs saisonniers chassés de Paris ou de Nice. Cette époque est terminée : armée par la loi Le Meur, la municipalité a durci chaque étage de la réglementation. Voici ce qui s'applique, statut par statut.

Le préalable universel : le numéro d'enregistrement

Toute location de courte durée à Marseille, résidence principale comprise, doit être déclarée et enregistrée auprès de la ville. Le numéro obtenu doit figurer sur chaque annonce, Airbnb, Booking ou autre : les plateformes le réclament et bloquent les annonces sans numéro. Louer sans déclaration expose à une amende administrative pouvant atteindre 10 000 euros, et 20 000 euros en cas de fausse déclaration ou de faux numéro (article L. 324-1-1 du code du tourisme, version en vigueur depuis le 20 mai 2026), et la ville croise désormais les fichiers pour repérer les annonces non conformes.

Ce numéro suit un format national de 13 caractères : le code officiel de la commune sur 5 chiffres, un identifiant unique sur 6 chiffres et une clé de contrôle sur 2 caractères. La démarche, les pièces à fournir et les erreurs classiques sont détaillées dans notre article sur le numéro d'enregistrement.

Résidence principale : 90 jours, pas un de plus

La loi nationale plafonne la location de sa résidence principale à 120 jours par an, mais elle autorise les communes à descendre à 90 jours : Marseille l'a fait, avec effet au 1er janvier 2026. Au-delà, l'amende civile peut atteindre 15 000 euros. Les plateformes bloquent automatiquement les annonces au plafond de jours applicable, mais le cumul entre plusieurs plateformes reste de votre responsabilité. La ville peut par ailleurs vous demander un décompte annuel de vos nuitées, avec un mois pour répondre : l'absence de réponse relève de la même amende civile, jusqu'à 15 000 euros.

Rappel fiscal au passage : ces loyers sont imposables dès le premier euro, transmis au fisc par les plateformes, comme détaillé dans notre article sur la fiscalité Airbnb.

Résidence secondaire : le vrai verrou

Pour un logement qui n'est pas votre résidence principale, la location touristique suppose une autorisation de changement d'usage, et c'est ici que Marseille a le plus durci :

La conséquence est arithmétique : à Marseille, l'investissement dédié 100 % courte durée n'a presque plus de voie légale d'entrée. Les stratégies qui fonctionnent encore sont mixtes : longue durée avec quelques semaines de saisonnier sur sa résidence principale, bail mobilité, ou meublé longue durée classique, dont le marché marseillais (étudiants, jeunes actifs, CHU) reste l'un des plus profonds de la région, comme détaillé dans notre article sur l'investissement LMNP à Marseille.

Le règlement métropolitain du 27 février 2025, dans le détail

Le cadre actuel ne sort pas d'une simple délibération municipale : c'est un règlement métropolitain, adopté par le conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence le 27 février 2025 et applicable depuis le 29 avril 2025. Trois points structurent le texte pour Marseille :

La taxe de séjour, l'autre rendez-vous du loueur marseillais

Chaque nuitée déclenche la taxe de séjour, que vous collectez auprès du voyageur ou que la plateforme prélève à la source. À Marseille, un meublé non classé est taxé proportionnellement au prix de la nuitée, dans la limite d'un plafond par personne, quand un meublé classé relève d'un tarif fixe selon sa catégorie. S'y ajoutent deux taxes additionnelles : 10 % pour le département des Bouches-du-Rhône et 34 % pour la Société de la Ligne Nouvelle Provence Côte d'Azur, en vigueur depuis 2023. La ville gère sa propre plateforme de télédéclaration, et même quand Airbnb collecte à la source, la déclaration des nuitées reste due. Pour les meublés non classés, le taux passe de 4 % en 2026 à 5 % du prix de la nuitée par personne au 1er janvier 2027, dans la limite de 7,06 euros taxes additionnelles comprises (délibération n° 26/195/AGE du 26 juin 2026). Les barèmes et les exemples chiffrés sont détaillés dans notre article sur la taxe de séjour à Marseille, et la comparaison avec les autres villes dans notre panorama de la taxe de séjour en PACA.

Ce que coûte une infraction

L'échelle des sanctions donne la mesure du durcissement, avec les montants du code du tourisme en vigueur depuis le 20 mai 2026 (la page de la Ville peut encore afficher les anciens plafonds) :

Infraction Sanction encourue
Location hors résidence principale sans autorisation de changement d'usage Amende civile de 100 000 euros par local, avec possible injonction de retour à l'habitation sous astreinte de 1 000 euros par jour et par mètre carré
Dépassement des 90 jours sur une résidence principale Amende civile jusqu'à 15 000 euros
Absence de réponse à la demande de décompte des nuitées Amende civile jusqu'à 15 000 euros
Défaut de déclaration ou numéro absent de l'annonce Amende administrative de la commune jusqu'à 10 000 euros
Fausse déclaration ou faux numéro Amende administrative de la commune jusqu'à 20 000 euros

La ville croise les fichiers des plateformes, de la taxe de séjour et de l'enregistrement : les contrôles ne relèvent plus du hasard, et les premières condamnations marseillaises ont montré que les montants affichés ne sont pas théoriques.

Quartiers touristiques : où la pression est la plus forte

La demande touristique marseillaise se concentre sur une poignée de secteurs : le Vieux-Port et le Panier, le cours Julien et Notre-Dame-du-Mont, la Corniche et les plages du Prado, les abords du Mucem et de la Joliette. Ce sont aussi les secteurs où la tension sur le logement des habitants est la plus vive, et donc ceux que la municipalité surveille en priorité. Le règlement, lui, ne fait pas de distinction géographique : il n'existe pas de quota par arrondissement, la compensation s'applique de la même façon dans toute la ville. Pour un investisseur, ces quartiers restent d'excellents emplacements, mais en meublé de longue durée, où la demande locale absorbe sans difficulté les biens que la courte durée ne peut plus capter.

La fiscalité ne change pas, elle s'ajoute

Ces règles locales s'empilent sur la fiscalité nationale : abattement micro-BIC de 30 % plafonné à 15 000 euros pour un meublé non classé, classement pour retrouver 50 %, régime réel souvent plus intéressant que les deux, cotisations sociales au-delà de 23 000 euros de recettes, taxe de séjour à collecter, et CFE : l'exonération ne vise que les locaux compris dans votre habitation personnelle, si bien qu'un meublé de tourisme dédié paie la CFE sur sa valeur locative, avec les taux de la Métropole détaillés dans notre article sur la CFE à Marseille. Chaque étage se calcule : c'est ce que nous faisons pour nos clients marseillais, en croisant règles municipales et dossier fiscal, comme détaillé sur notre page dédiée à Marseille.

Les règles municipales évoluent vite : les informations ci-dessus sont à jour à la date de publication de cet article, et la mairie de Marseille reste la source de référence avant tout projet.

L’essentiel en une image

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Fabien Peduzzi
Fabien Peduzzi
Responsable marketing et commercial
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Vos questions, nos réponses

Faut-il un numéro d'enregistrement pour louer en Airbnb à Marseille ? +

Oui, pour toute location de courte durée, y compris votre résidence principale. Le numéro délivré par la ville doit figurer sur chaque annonce, et les plateformes bloquent les annonces qui n'en ont pas.

Combien de jours peut-on louer sa résidence principale à Marseille ? +

90 jours par année civile depuis le 1er janvier 2026, plafond abaissé par la ville par rapport aux 120 jours de la loi nationale, avec une amende civile pouvant atteindre 15 000 euros en cas de dépassement.

Peut-on encore transformer un appartement en Airbnb à temps plein à Marseille ? +

Difficilement : il faut une autorisation de changement d'usage avec compensation dès le premier logement (création d'une surface d'habitation équivalente dans le même secteur), une autorisation attachée au local, et un DPE de classe E minimum. Le verrou est volontairement dissuasif.

Qu'est-ce que la compensation exigée à Marseille ? +

L'obligation de recréer une surface d'habitation équivalente à celle retirée du marché résidentiel, en transformant des locaux d'un autre usage (bureaux, commerces) en logement. Elle se matérialise souvent par l'achat de droits de commercialité, rares et coûteux.

Quelles alternatives à la location saisonnière à Marseille ? +

La location meublée de longue durée, très demandée (étudiants, jeunes actifs, personnel hospitalier), le bail mobilité de 1 à 10 mois, ou la location saisonnière limitée de sa résidence principale. Ces stratégies mixtes conservent l'essentiel de la rentabilité sans le risque réglementaire.

Les règles sont-elles les mêmes dans toute la métropole ? +

Non : chaque commune fixe ses propres règles (enregistrement, changement d'usage, plafond de jours). Aubagne, Cassis ou Aix-en-Provence n'appliquent pas le régime marseillais : la vérification se fait commune par commune avant tout projet.

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