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Blog · Meublé de tourisme

Loi Le Meur : ce qui change vraiment pour votre meublé de tourisme

Abattements micro-BIC rabotés, DPE obligatoire, pouvoirs des maires renforcés : le point mesure par mesure pour les loueurs saisonniers, avec le mode d'emploi pour adapter sa fiscalité.

Guillaume MaileyPar Guillaume Mailey, expert-comptable inscrit à l'Ordre·Mis à jour le 7 juillet 2026·4 min de lecture
Loi Le Meur : ce qui change vraiment pour votre meublé de tourisme

La réponse courte. La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur ou loi anti-Airbnb, réduit fortement les abattements fiscaux du micro-BIC pour les meublés de tourisme, impose progressivement un DPE minimal, et donne aux maires de nouveaux outils pour limiter la location saisonnière dans leur commune. Sur le littoral de PACA, presque tous les loueurs sont touchés.

L'objectif affiché du texte est de rééquilibrer le marché entre location touristique et logement des habitants. Pour le loueur, la conséquence est double : une fiscalité au micro-BIC nettement moins favorable, et des règles locales qui varient désormais de commune en commune.

Abattements micro-BIC : le grand rabotage

Depuis l'imposition des revenus 2025, un meublé de tourisme non classé ne bénéficie plus que d'un abattement de 30 % dans la limite de 15 000 euros de recettes annuelles, contre 50 % jusqu'à 77 700 euros auparavant. Le meublé classé conserve 50 % d'abattement, mais son plafond chute de 188 700 à 77 700 euros.

Situation Avant la loi Revenus 2025 Revenus 2026-2028
Meublé de tourisme non classé 50 %, plafond 77 700 € 30 %, plafond 15 000 € 30 %, plafond 15 000 €
Meublé de tourisme classé 71 %, plafond 188 700 € 50 %, plafond 77 700 € 50 %, plafond 83 600 €
Location meublée longue durée 50 %, plafond 77 700 € Inchangé 50 %, plafond 83 600 €

La colonne 2026-2028 intègre la revalorisation triennale des seuils micro-BIC, distincte de la loi Le Meur : elle relève le plafond de la longue durée et du classé à 83 600 euros, mais laisse le non classé à 15 000 euros. Beaucoup de sites affichent encore 77 700 euros pour le meublé classé : ce montant ne vaut que pour les revenus 2025.

Infographie : les abattements micro-BIC du meublé de tourisme avant et après la loi Le Meur

Prenons un loueur non classé qui encaisse 24 000 euros de nuitées à Hyères. Avant la réforme, il déclarait 12 000 euros après abattement. Aujourd'hui, il dépasse le plafond du micro et bascule obligatoirement au régime réel ; et même en dessous du plafond, l'abattement de 30 % laisse 70 % des recettes imposables. La bonne nouvelle, c'est que le régime réel avec amortissement fait presque toujours mieux que l'ancien micro : la réforme pénalise surtout ceux qui ne recalculent rien.

Le classement du meublé redevient stratégique

L'écart entre 30 % et 50 % d'abattement, et surtout entre 15 000 et 83 600 euros de plafond (montant des revenus 2026), redonne un intérêt réel au classement en meublé de tourisme (les étoiles délivrées après visite d'un organisme accrédité). La démarche coûte quelques centaines d'euros, reste valable cinq ans, et ouvre par ailleurs droit à certains avantages locaux. Pour un loueur qui souhaite rester au micro-BIC, elle est souvent rentabilisée dès la première année.

DPE : le calendrier qui condamne les passoires

Les logements transformés en meublés de tourisme dans les communes soumises à autorisation de changement d'usage doivent désormais présenter un DPE au minimum de classe E, puis de classe D à l'horizon 2034, calendrier aligné sur celui de la location longue durée. La résidence principale du loueur n'est pas concernée.

Le message du législateur est clair : il ne doit plus être possible de basculer en location touristique un logement interdit de location classique pour cause de passoire énergétique. Si votre bien est classé F ou G, la question des travaux se pose maintenant, quelle que soit votre stratégie locative.

Des règles locales commune par commune

C'est le volet le plus sensible en PACA. La loi renforce les pouvoirs des maires sur plusieurs plans :

À Marseille, Nice, Cannes ou Saint-Tropez, les règles applicables ne sont donc plus les mêmes, et elles évoluent au fil des délibérations municipales. Nous les suivons ville par ville : consultez la page de votre commune, par exemple Marseille, Hyères ou Fréjus.

Copropriété : l'interdiction devient plus simple

La loi facilite la vie des copropriétés qui veulent encadrer la location touristique : les règlements de copropriété peuvent désormais interdire la location en meublé de tourisme par un vote à la majorité des deux tiers, et les nouveaux règlements doivent se prononcer explicitement sur la question. Avant tout investissement destiné au saisonnier, la lecture du règlement de copropriété est devenue un préalable absolu.

Ce qu'il faut faire maintenant : notre check-list

Le durcissement du micro-BIC fait du passage au régime réel la réponse naturelle pour la majorité des loueurs saisonniers. Notre guide du meublé de tourisme détaille la fiscalité complète de l'activité, cotisations sociales comprises.

L’essentiel en une image

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Récapitulatif visuel : Loi Le Meur : ce qui change vraiment pour votre meublé de tourisme
Guillaume Mailey
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Guillaume Mailey
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Vos questions, nos réponses

La loi Le Meur s'applique-t-elle aux locations déjà en cours ? +

Oui pour la fiscalité : les nouveaux abattements du micro-BIC s'appliquent depuis l'imposition des revenus 2025, quelle que soit la date de début d'activité. Les mesures locales (quotas, changement d'usage) dépendent des délibérations de chaque commune et prévoient selon les cas des régimes transitoires.

Quel abattement pour un meublé de tourisme non classé en 2026 ? +

L'abattement du micro-BIC est de 30 %, dans la limite de 15 000 euros de recettes annuelles. Au-delà de ce plafond, le régime réel s'applique obligatoirement. Avant la loi Le Meur, l'abattement était de 50 % jusqu'à 77 700 euros.

Ai-je intérêt à faire classer mon meublé de tourisme ? +

Souvent, oui. Le classement porte l'abattement micro-BIC de 30 à 50 % et le plafond de 15 000 à 83 600 euros (montant applicable aux revenus 2026). Il coûte quelques centaines d'euros et reste valable cinq ans. Le calcul doit néanmoins être comparé à celui d'un passage au régime réel, fréquemment plus avantageux encore.

Puis-je encore louer ma résidence principale sur Airbnb ? +

Oui, dans la limite de 120 jours par an, que chaque commune peut désormais abaisser jusqu'à 90 jours par délibération. L'enregistrement en mairie et le respect des règles locales restent nécessaires.

Mon DPE est F : puis-je créer un meublé de tourisme ? +

Dans les communes soumises à autorisation de changement d'usage, non : un DPE minimal de classe E est exigé pour les nouvelles mises en location touristique, et l'exigence montera à la classe D à l'horizon 2034. La résidence principale du loueur échappe à cette obligation.

Le passage au régime réel est-il compliqué pour un saisonnier ? +

Il demande une comptabilité et une liasse fiscale télétransmise, ce qui se délègue entièrement. L'amortissement du bien compense très largement cette contrainte dans la plupart des dossiers. Un expert-comptable spécialisé chiffre la bascule avant toute décision.

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