La réponse courte. Le bailleur doit délivrer une quittance, gratuitement, à tout locataire qui en fait la demande : c'est un droit d'ordre public, aucune clause du bail ne peut le facturer ni le refuser. La quittance atteste du paiement intégral du loyer et des charges du mois ; en cas de paiement partiel, seul un reçu du montant versé est dû. L'envoi par email est valable avec l'accord du locataire, et l'automatisation mensuelle est la solution qui supprime le sujet.
Document le plus banal de la location, la quittance concentre pourtant trois erreurs récurrentes : la faire payer, la refuser, ou la délivrer alors que le loyer n'est pas soldé. Trois erreurs, trois risques.
Ce que dit la loi, exactement
- Sur demande : la quittance n'est due que si le locataire la demande, mais dès qu'il la demande, elle devient obligatoire, y compris pour les mois passés.
- Gratuite, toujours : facturer la quittance ou son envoi est interdit, la clause contraire est réputée non écrite, comme les autres clauses interdites du bail meublé.
- Contenu : le détail des sommes versées, en distinguant loyer et charges, et la période concernée.
- Transmission dématérialisée : l'envoi par email ou via un espace en ligne est valable avec l'accord du locataire, souvent prévu au bail.
Le locataire en a besoin en permanence : dossier CAF, demande de logement, justificatif de domicile, crédit. Un bailleur qui traîne sur les quittances se fabrique un conflit gratuit avec un locataire qui paie bien.
Les mentions à faire figurer, ligne par ligne
La loi du 6 juillet 1989 n'impose formellement qu'une chose : le détail des sommes versées, en distinguant le loyer et les charges. En pratique, le modèle type diffusé par Service-public.fr ajoute tout ce qui rend le document exploitable, et c'est ce standard qu'il faut suivre :
- l'identité et l'adresse du bailleur (ou de son mandataire s'il gère pour vous) ;
- le nom du locataire et l'adresse précise du logement concerné ;
- la période couverte : le mois ou le trimestre, en toutes lettres, sans ambiguïté ;
- le détail des sommes : loyer hors charges d'un côté, provision sur charges de l'autre, puis le total encaissé. Cette ventilation n'est pas décorative : elle sert de base à la régularisation annuelle des charges ;
- la date d'établissement et, par usage, la signature du bailleur.
Un détail qui compte pour vos dossiers : la quittance atteste des sommes réellement versées pour la période. Un document généré d'avance pour un loyer non encore encaissé n'a aucune valeur probante, et peut se retourner contre vous.
Quittance électronique : valable, à une condition
Depuis la loi ALUR de 2014, l'article 21 de la loi de 1989 prévoit expressément la transmission dématérialisée, avec l'accord exprès du locataire. Deux conséquences pratiques :
- L'accord se formalise : une clause du bail ou un écrit du locataire suffit, mais un accord tacite déduit du silence reste fragile en cas de litige. Prévoyez la clause dès la signature.
- Aucune signature électronique certifiée n'est exigée : un PDF émis par le bailleur, avec sa signature scannée ou son nom, a la même valeur que le papier. Ce qui compte est l'émetteur et le contenu, pas le procédé technique.
Le locataire qui préfère le papier y a toujours droit : la version dématérialisée est une faculté offerte au bailleur avec l'accord du locataire, pas une obligation imposable à ce dernier.
Quittance et reçu : la nuance qui protège
La quittance atteste que tout est payé pour la période. Si le locataire n'a versé qu'une partie du loyer, ne délivrez jamais une quittance complète : elle vaudrait preuve de paiement intégral et affaiblirait tout recours ultérieur. Le document adapté est le reçu, qui mentionne le montant partiel encaissé et laisse la dette apparente.
La même logique vaut en sens inverse : tant que le mois est intégralement payé, le locataire a droit à sa quittance même s'il a payé en retard, et même en plein différend sur un autre sujet. La quittance n'est pas un instrument de pression, dans un sens comme dans l'autre. En cas d'impayé durable, la réponse n'est pas documentaire : c'est la procédure d'impayé.
Troisième document du trio, l'appel de loyer (ou avis d'échéance) se situe en amont : il rappelle au locataire le montant à régler pour le mois à venir. Il n'atteste de rien, c'est une simple facture d'annonce, et la loi lui applique la même règle de gratuité qu'à la quittance : aucuns frais liés à la gestion de l'avis d'échéance ne peuvent être facturés au locataire. La chronologie saine tient en trois temps : appel de loyer avant l'échéance, paiement, puis quittance qui solde la période, ou reçu si le versement est partiel.
L'automatisation, la vraie bonne pratique
Sur un bien loué douze mois par an, la quittance est une tâche récurrente parfaite à automatiser : génération au paiement, envoi par email, archivage horodaté. Pour une quittance ponctuelle et conforme, notre générateur de quittance de loyer produit le document en ligne, gratuitement, avec toutes les mentions du modèle type. C'est ce que fait la plateforme incluse dans notre accompagnement, qui garde aussi la trace des paiements ayant déclenché chaque quittance : le jour où un dossier se tend, l'historique complet sort en deux clics. Les quittances rejoignent le bail, l'inventaire et les états des lieux dans le dossier locatif numérique du bien, particulièrement précieux quand on gère à distance.
Et fiscalement ?
La quittance n'est pas un document fiscal, mais elle raconte vos recettes : la somme des quittances de l'année doit coïncider avec les loyers déclarés, au micro-BIC comme au régime réel. En cas de contrôle, cette cohérence entre quittances, relevés bancaires et déclaration est la première chose vérifiée. Un archivage propre est votre meilleur allié.
L’essentiel en une image
Tout ce qu’il faut retenir de cet article, résumé en une fiche à enregistrer ou à partager.

Vos questions, nos réponses
La quittance de loyer est-elle obligatoire ? +
Oui, dès que le locataire la demande, et gratuitement. Sans demande, le bailleur n'a pas d'obligation de délivrance spontanée, mais l'usage et les outils modernes ont rendu l'envoi mensuel automatique standard.
Peut-on facturer l'envoi des quittances ? +
Non, jamais : la quittance et sa transmission sont gratuites, et toute clause du bail prévoyant des frais de quittance est réputée non écrite. C'est l'une des clauses interdites les plus fréquentes dans les baux mal rédigés.
Peut-on envoyer les quittances par email ? +
Oui, avec l'accord du locataire, qui peut être prévu dans le bail. La quittance dématérialisée a la même valeur que la version papier, avec l'avantage de l'horodatage et de l'archivage.
Faut-il délivrer une quittance si le locataire paie en retard ? +
Oui, dès lors que le mois est intégralement payé : le retard ne prive pas du droit à quittance. Seul un paiement partiel change le document à délivrer, un reçu du montant versé au lieu d'une quittance.
Quelle différence entre quittance et reçu ? +
La quittance atteste du paiement intégral du loyer et des charges de la période ; le reçu constate un versement partiel. Délivrer une quittance complète sur un mois partiellement payé revient à effacer la preuve de la dette.
Combien de temps conserver les quittances ? +
Le locataire comme le bailleur ont intérêt à les garder au moins trois ans après la fin du bail, durée des actions liées au loyer. Côté bailleur, l'archivage sert aussi de piste d'audit fiscale des recettes déclarées.