La réponse courte. Un logement classé G au DPE ne peut plus être mis en location depuis le 1er janvier 2025, les F suivront au 1er janvier 2028 et les E au 1er janvier 2034 : la loi les considère comme indécents. Les loyers des F et G sont par ailleurs gelés depuis août 2022. Ces règles s'appliquent au meublé de résidence principale comme au nu, et le meublé de tourisme a désormais son propre calendrier.
Le DPE est passé en quelques années du document annexe au juge de paix de la location. Pour un bailleur meublé, il détermine trois choses : le droit de louer, le droit d'augmenter le loyer, et la valeur de revente. Voici le calendrier, et surtout comment raisonner.
Le calendrier des interdictions, location longue durée
| Classe DPE | Sort du logement |
|---|---|
| G | Interdit à la location depuis le 1er janvier 2025 (logement indécent) |
| F | Interdit à compter du 1er janvier 2028 |
| E | Interdit à compter du 1er janvier 2034 |
| A à D | Aucune restriction liée au DPE |
L'interdiction vise la mise en location au sens large : elle s'applique aux baux signés, renouvelés ou reconduits tacitement à compter de la date butoir, comme le confirme la fiche officielle sur le logement décent. La nuance est lourde de conséquences en meublé : un bail meublé dure un an et se reconduit tacitement chaque année, si bien qu'un logement G loué avant 2025 est devenu non conforme dès sa première reconduction suivant le 1er janvier 2025. Le locataire en place ne peut pas être mis dehors pour autant, l'indécence ne profitant jamais au bailleur : il peut en revanche exiger une mise en conformité, avec le juge en appui.
La loi a toutefois prévu des soupapes, précisées pour les baux conclus depuis 2025 : le juge ne peut pas ordonner des travaux qui feraient courir un risque de pathologie au bâti, ni des modifications refusées par l'autorité en charge du patrimoine, et le copropriétaire qui prouve avoir proposé les travaux en assemblée générale sans obtenir de majorité voit sa responsabilité aménagée. Ces exceptions suspendent la contrainte de travaux, elles ne rendent pas le logement décent pour autant.
Vendre reste en revanche possible à tout moment, ce qui explique l'arrivée massive de passoires sur le marché, souvent à prix décotés : une contrainte pour les uns, une opportunité pour les investisseurs prêts à rénover.
S'y ajoute le gel des loyers : depuis août 2022, aucun logement F ou G ne peut voir son loyer augmenter, ni par révision IRL, ni au renouvellement, ni à la relocation.
L'audit énergétique, l'autre rendez-vous obligatoire
À la vente, le DPE ne suffit plus pour les biens mal classés. Une maison individuelle ou un immeuble détenu par un seul propriétaire doit être accompagné d'un audit énergétique réglementaire : l'obligation concerne les classes F et G depuis le 1er avril 2023, la classe E depuis le 1er janvier 2025, et s'étendra à la classe D à compter du 1er janvier 2034. L'audit, valable cinq ans, doit être remis à l'acquéreur dès la première visite.
Son contenu en fait un vrai document de travail : il propose au moins deux scénarios de travaux menant par étapes le logement vers la classe B, avec pour chacun l'estimation des économies d'énergie, le coût des travaux et les aides mobilisables. Pour un acheteur, c'est la base de négociation ; pour un vendeur, c'est un chiffrage gratuit de ce que coûterait de garder le bien en le rénovant. L'audit s'ajoute au dossier de diagnostic technique classique, dont notre article sur les diagnostics de la location meublée détaille le contenu côté bailleur.
Le meublé de tourisme a rejoint le mouvement
Le saisonnier a longtemps servi d'échappatoire aux propriétaires de passoires interdites de location classique. La loi Le Meur a fermé la porte : dans les communes soumises à autorisation de changement d'usage, un logement transformé en meublé de tourisme doit désormais présenter un DPE de classe E au minimum, et l'exigence montera à D à l'horizon 2034, en alignement sur la longue durée. Basculer un G en Airbnb n'est plus une stratégie, c'est une impasse.
Vos options si le bien est classé F ou G
- Rénover. L'audit énergétique chiffre les travaux qui font gagner les classes manquantes. Isolation, menuiseries, mode de chauffage : le saut de deux classes est souvent plus accessible qu'on ne le croit, et le créneau entre deux locataires est le moment idéal pour les réaliser, comme nous le détaillons dans notre article sur les travaux entre deux locataires. Au régime réel, les travaux d'amélioration s'amortissent, ce qui adoucit sérieusement la facture fiscale.
- Arbitrer. Vendre avant l'échéance de sa classe, en intégrant la décote actuelle du marché et la fiscalité de la plus-value depuis la réforme 2025. Parfois, vendre le G et racheter un D mieux placé est le meilleur calcul patrimonial.
- Attendre en connaissance de cause. Un bail en cours court jusqu'à son terme, mais sa reconduction tacite fait entrer le logement dans le champ de l'indécence. C'est une option de très court terme, pas une stratégie : chaque année d'attente rapproche l'échéance et réduit le nombre d'acheteurs.
Les aides à la rénovation côté bailleur
Un bailleur n'est pas exclu des aides publiques, contrairement à une idée répandue. MaPrimeRénov' est ouverte aux propriétaires bailleurs, sous des conditions propres : le logement doit être loué en tant que résidence principale du locataire, la location doit débuter dans les douze mois suivant la demande de solde, et le logement doit rester loué pendant au moins six ans. Le bailleur s'engage aussi à informer son locataire des travaux financés et, s'il augmente le loyer à cette occasion, à déduire le montant de la prime des travaux invoqués pour justifier la hausse.
Le parcours accompagné de rénovation d'ampleur, le plus généreux, est réservé aux logements classés E, F ou G, c'est-à-dire précisément ceux que le calendrier des interdictions menace ; le parcours par geste reste ouvert pour des travaux ciblés, avec une restriction annoncée à compter de 2027 pour les maisons individuelles classées F ou G, orientées vers la rénovation globale. Les barèmes dépendant des revenus du foyer et les règles du dispositif ayant régulièrement bougé ces dernières années, le montant réel se vérifie sur les sites officiels au moment du dépôt. Ces aides se cumulent avec l'arme fiscale du LMNP au réel : les travaux s'amortissent, nets des subventions perçues.
Un DPE erroné n'est pas un détail
Depuis juillet 2021, le DPE est pleinement opposable : ses résultats engagent le diagnostiqueur et celui qui s'en prévaut, au même titre que les autres diagnostics. Un locataire qui découvre que son logement, loué comme E, relève en réalité de la classe F peut s'appuyer sur le DPE rectifié pour invoquer le gel du loyer, voire l'indécence à la reconduction du bail ; un acheteur peut rechercher la responsabilité du vendeur ou du diagnostiqueur et obtenir réparation du préjudice. Avant toute mise en location ou en vente, un DPE douteux (surface erronée, chauffage mal renseigné, DPE réalisé avant la réforme de la méthode) se refait : le coût de quelques centaines d'euros n'a rien de comparable avec celui d'un contentieux ou d'une classe surestimée découverte en cours de bail.
Le bon choix dépend du coût des travaux, de la valeur du bien, de votre fiscalité et de votre horizon : c'est un calcul à faire poser noir sur blanc, pas une intuition. C'est typiquement l'arbitrage que nous chiffrons pour nos clients, chiffres locaux à l'appui, de Marseille à Toulon.
Les vérifications avant d'acheter pour louer
- Exigez le DPE et sa date : les DPE réalisés selon l'ancienne méthode ne sont plus valides, et un DPE récent est opposable au vendeur comme au bailleur.
- Pour un F ou G, exigez l'audit énergétique remis par le vendeur : il détaille les scénarios de travaux et leur coût, c'est votre base de négociation.
- Intégrez le calendrier au plan de financement : un E acheté aujourd'hui devra être rénové avant 2034 pour rester louable ; le coût des travaux fait partie du prix réel du bien.
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Vos questions, nos réponses
Peut-on encore louer un logement classé G en meublé ? +
Non, plus pour un bail signé, renouvelé ou reconduit tacitement depuis le 1er janvier 2025 : le logement est considéré comme indécent. Un bail meublé se reconduisant chaque année, les logements G loués avant cette date sont entrés dans le champ de l'indécence dès leur première reconduction, et le locataire peut exiger une mise en conformité.
Le calendrier DPE s'applique-t-il à la location meublée ? +
Oui, à l'identique de la location nue dès lors que le logement constitue la résidence principale du locataire : interdictions par classes (G en 2025, F en 2028, E en 2034) et gel des loyers F et G.
Un logement G peut-il être basculé en location saisonnière ? +
Dans les communes à autorisation de changement d'usage, non : un DPE de classe E minimum est exigé pour les nouveaux meublés de tourisme, et la barre montera à D en 2034. La résidence principale du loueur échappe à cette exigence.
Les loyers des passoires sont-ils vraiment gelés ? +
Oui, depuis août 2022 : aucune augmentation possible pour un logement F ou G, ni par révision IRL en cours de bail, ni au renouvellement, ni entre deux locataires. Le gel s'ajoute aux interdictions de location, il ne les remplace pas.
Peut-on vendre une passoire thermique ? +
Oui, à tout moment : les interdictions visent la location, pas la vente. Pour un F ou un G, le vendeur doit fournir un audit énergétique en plus du DPE, et le marché applique une décote qui reflète le coût des travaux.
Les travaux de rénovation sont-ils déductibles en LMNP ? +
Les travaux d'amélioration énergétique s'immobilisent et s'amortissent au régime réel, ce qui étale leur coût sur la durée et réduit vos loyers imposables. Le détail figure dans notre article sur les charges déductibles.
- Service-public.fr : logement décent et performance énergétique
- Ecologie.gouv.fr : diagnostic de performance énergétique
- Ecologie.gouv.fr : l'audit énergétique réglementaire
- Service-public.fr : MaPrimeRénov', conditions pour les propriétaires bailleurs
- Service-public.fr : location d'un meublé de tourisme, exigences de DPE
- Loi n° 2021-1104 « Climat et résilience » (Légifrance)
- Loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 (Légifrance)
- ANIL : performance énergétique et location