La réponse courte. Depuis 2026, la déclaration avec numéro d'enregistrement à 13 chiffres se généralise à toutes les communes via un téléservice national : le Var, longtemps plus souple que Marseille ou Nice, entre à son tour dans l'ère du contrôle. Résidence principale plafonnée à 120 jours (sauf délibération plus stricte), changement d'usage pour les résidences secondaires selon la commune, DPE de classe E minimum pour les nouvelles autorisations, et taxe de séjour télédéclarée sur les plateformes intercommunales. Le réflexe : vérifier la règle de SA commune avant chaque saison.
Le littoral varois concentre l'une des plus fortes densités de meublés de tourisme de France, de la rade d'Hyères au golfe de Saint-Tropez. Longtemps, il a vécu avec des règles légères. La loi Le Meur et la généralisation de l'enregistrement ont changé la donne : voici ce qui s'applique désormais.
Le socle commun à toutes les communes du Var
Quatre règles valent partout, quelle que soit la taille de la commune :
- Le numéro d'enregistrement : la déclaration simple en mairie laisse place à l'enregistrement généralisé, avec un numéro à 13 chiffres à faire figurer sur chaque annonce. Les communes du littoral l'exigeaient déjà pour la plupart ; le téléservice national achève de couvrir les autres en 2026.
- La résidence principale se loue au maximum 120 jours par an, plafond que chaque commune peut abaisser jusqu'à 90 jours par délibération, comme l'a fait Marseille.
- Le DPE minimal de classe E pour toute nouvelle autorisation de location touristique dans les communes à changement d'usage, héritage de la loi Le Meur détaillé dans notre article sur le DPE.
- La taxe de séjour, collectée et télédéclarée : le Var fonctionne par plateformes intercommunales, et les contrôles de cohérence avec les annonces en ligne se sont industrialisés.
Commune par commune : les points d'attention
| Secteur | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|
| Hyères et la métropole toulonnaise (TPM) | Télédéclaration de la taxe de séjour centralisée sur la plateforme de la métropole ; enregistrement des meublés exigé ; forte vigilance sur la presqu'île de Giens et Porquerolles en saison |
| Fréjus et l'Estérel | Numéro d'enregistrement à 13 chiffres obligatoire sur les annonces, plateforme locale de déclaration de la taxe de séjour ; l'un des marchés saisonniers les plus profonds du département |
| Saint-Tropez et son golfe | Pression réglementaire maximale du littoral : vérification systématique en mairie avant tout projet, la commune ajustant régulièrement ses règles face à la pénurie de logements pour les saisonniers |
| Communes moyennes (La Ciotat voisine, Sanary, Bandol, Le Lavandou) | Enregistrement désormais généralisé ; les délibérations locales évoluent vite, notamment sur le plafond de jours des résidences principales |
Le point commun de tous ces marchés : la règle applicable est celle de la commune du bien, au jour de la mise en location. Une veille annuelle avant la saison fait partie de la gestion normale d'un meublé de tourisme varois ; c'est un suivi que nous assurons pour nos clients du département, de Hyères à Fréjus en passant par Toulon.
Toulon, Hyères, La Garde : le régime de la métropole TPM
Les douze communes de Toulon Provence Méditerranée, dont Toulon, Hyères, La Garde, La Seyne-sur-Mer ou Six-Fours, partagent le même circuit administratif : la déclaration des meublés passe par le module Declaloc adossé à la plateforme de taxe de séjour de la métropole, qui délivre le numéro à reporter sur les annonces. Côté taxe de séjour, un hébergement non classé y est taxé à 5 % du coût hors taxes de la nuitée, avec un plafond de 3,09 euros par personne et par nuit, avant application des taxes additionnelles : 10 % pour le département du Var et 34 % pour la Société de la Ligne Nouvelle Provence Côte d'Azur, en vigueur depuis 2023. Un meublé classé bascule sur un tarif fixe par catégorie, souvent plus favorable sur les nuitées chères. Le cas particulier de la presqu'île de Giens et de Porquerolles, où la pression estivale est maximale, est traité dans notre article sur Airbnb à Hyères et Porquerolles.
Fréjus et Saint-Raphaël : l'Estérel sous télédéclaration
Fréjus gère sa propre plateforme de télédéclaration : les non classés y sont taxés à 5 % du coût de la nuitée, plafonnés à 4,30 euros par personne avant taxes additionnelles (les mêmes 10 % et 34 % que dans le reste du département), et la déclaration exige le SIRET du loueur, un rappel utile de ce que l'activité saisonnière est bien une activité immatriculée. Le marché de l'Estérel, l'un des plus profonds du Var, se prête aussi à des stratégies de longue durée : notre article sur l'investissement LMNP à Fréjus et Saint-Raphaël compare les deux approches.
Saint-Tropez et le golfe : vérification en mairie obligatoire
La presqu'île concentre une pénurie chronique de logements pour les saisonniers et des règles qui bougent d'une saison à l'autre. La loi Le Meur donne à chaque commune les moyens d'instaurer changement d'usage, quotas et plafonds abaissés, et les communes du golfe s'en saisissent à des rythmes différents : aucun tableau publié ne remplace un passage par le service urbanisme de la mairie concernée avant d'engager un projet. Le guide pratique national de la réglementation des meublés de tourisme, publié par le ministère chargé du logement, donne le cadre commun ; la règle locale du moment, elle, se confirme à la source.
Saisonnalité varoise : l'arbitrage saisonnier contre annuel
Le Var vit sur une saison courte et intense : l'essentiel des nuitées se concentre de juin à septembre, avec des pointes de prix en juillet-août et des ailes de saison (mai, juin, septembre) qui font souvent la différence de rentabilité entre deux biens comparables. L'hiver, la demande touristique s'effondre hors événements ponctuels, et un meublé dédié à la courte durée reste vide six à huit mois par an dans la plupart des communes.
Cette saisonnalité structure l'arbitrage central du bailleur varois : un saisonnier bien placé peut encaisser en quatre mois l'équivalent d'une année de location classique, au prix d'une gestion intensive, d'une taxe de séjour à administrer et d'un risque réglementaire croissant ; une location meublée à l'année, sur Toulon, Hyères ou Fréjus où la demande résidentielle et étudiante existe, lisse les revenus et simplifie tout le reste. Entre les deux, la stratégie mixte (location étudiante ou bail mobilité d'octobre à mai, saisonnier l'été) capte le meilleur des deux calendriers, à condition de déclarer proprement chaque activité. Notre cas pratique d'un gîte varois chiffre ce type d'arbitrage sur un dossier réel.
La fiscalité du saisonnier varois, en trois arbitrages
Les règles locales encadrent le droit de louer ; la rentabilité se joue ensuite sur trois choix fiscaux :
- Micro ou réel : avec 30 % d'abattement plafonné à 15 000 euros pour un non classé, la plupart des saisonniers du littoral dépassent le micro ou y perdent. Le régime réel avec amortissement gagne dans la grande majorité des dossiers.
- Classer ou non : sur des nuitées varoises, le classement en étoiles se rembourse en général dès la première saison.
- Surveiller les 23 000 euros : au-delà, les cotisations sociales des indépendants remplacent les prélèvements sociaux, un cap vite franchi par un bien en front de mer, comme expliqué dans notre article sur la fiscalité Airbnb.
Les règles municipales évoluent à chaque conseil : les informations de cet article sont à jour à sa date de publication, et la mairie de la commune du bien reste la source de référence.
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Vos questions, nos réponses
Faut-il un numéro d'enregistrement pour louer en saisonnier dans le Var ? +
Oui : l'enregistrement avec numéro à 13 chiffres, longtemps réservé aux communes qui l'avaient voté, se généralise à tout le territoire en 2026 via un téléservice national. Le numéro doit figurer sur chaque annonce.
Combien de jours peut-on louer sa résidence principale à Hyères ou Fréjus ? +
120 jours par an au maximum, sauf délibération communale plus stricte pouvant abaisser le plafond à 90 jours. La règle se vérifie chaque année auprès de la commune, les délibérations évoluant rapidement sur le littoral.
Le changement d'usage s'applique-t-il dans le Var ? +
De plus en plus : la loi Le Meur permet à toutes les communes d'instaurer ce régime, auparavant réservé aux grandes agglomérations. Les communes touristiques du littoral s'en emparent progressivement, avec des règles propres à chacune.
Comment se déclare la taxe de séjour dans le Var ? +
Sur les plateformes de télédéclaration intercommunales : celle de la métropole toulonnaise pour Hyères et sa région, celle de l'agglomération pour Fréjus et l'Estérel. Les plateformes de location la collectent souvent à la source, mais la déclaration reste due.
Un logement classé F ou G peut-il devenir un meublé de tourisme dans le Var ? +
Dans les communes à autorisation de changement d'usage, non : un DPE de classe E minimum est exigé pour les nouvelles autorisations. La résidence principale du loueur échappe à cette exigence dans la limite de ses 120 jours.
Quelle commune du Var est la plus favorable à la location saisonnière ? +
Le paysage change trop vite pour une réponse définitive : le bon réflexe est de comparer les règles des communes visées au moment du projet (plafond de jours, changement d'usage, taxe de séjour) et de les croiser avec le marché locatif. C'est un arbitrage que nous chiffrons commune par commune.
- Service-public.gouv.fr : location d'un meublé de tourisme
- Loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 (Légifrance)
- Plateforme de télédéclaration de la métropole Toulon Provence Méditerranée
- Ministère chargé du logement : guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
- Plateforme de télédéclaration de la commune de Fréjus
- Economie.gouv.fr : louer sa résidence principale en meublé de tourisme