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Blog · Fiscalité LMNP

Déficit foncier ou déficit LMNP : deux mondes à ne pas confondre

Le déficit foncier s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 euros, le déficit LMNP jamais. Deux mécanismes, deux logiques, un comparatif nu vs meublé.

Guillaume MaileyPar Guillaume Mailey, expert-comptable inscrit à l'Ordre·Mis à jour le 19 octobre 2026·6 min de lecture
Déficit foncier ou déficit LMNP : deux mondes à ne pas confondre

La réponse courte. Le déficit foncier appartient à la location nue : il s'impute sur votre revenu global dans la limite de 10 700 euros par an, l'excédent se reportant sur vos revenus fonciers pendant 10 ans. Le déficit LMNP vit dans un monde fermé : il ne quitte jamais la catégorie des BIC non professionnels et s'impute uniquement sur vos futurs bénéfices de location meublée, pendant 10 ans également. En pratique, le régime réel meublé génère rarement du déficit, parce que l'amortissement est plafonné de façon à ne pas en créer.

« Je vais faire du déficit avec mon meublé pour effacer mon salaire imposable. » Cette phrase, nous l'entendons régulièrement en premier rendez-vous, et elle repose sur une confusion entre deux mécanismes qui ne se croisent jamais. Le déficit foncier et le déficit LMNP portent presque le même nom, obéissent à des règles opposées, et les mélanger conduit à de mauvaises décisions d'investissement. Reprenons les deux, puis comparons.

Le déficit foncier : un mécanisme réservé à la location nue

Le déficit foncier naît en location nue, dans la catégorie des revenus fonciers, lorsque les charges déductibles (travaux, taxe foncière, assurance, frais de gestion) dépassent les loyers encaissés. Son grand privilège : la part du déficit qui ne provient pas des intérêts d'emprunt s'impute sur votre revenu global, salaires et pensions compris, dans la limite de 10 700 euros par an. C'est l'un des rares mécanismes qui permette à de l'immobilier de réduire l'impôt sur vos autres revenus.

Le surplus ne se perd pas : l'excédent au-delà de 10 700 euros, ainsi que la fraction du déficit liée aux intérêts d'emprunt, se reportent sur vos revenus fonciers des 10 années suivantes. Une contrainte accompagne l'avantage : le bien doit rester loué jusqu'au 31 décembre de la troisième année qui suit l'imputation, faute de quoi l'administration reconstitue vos revenus, sauf licenciement, invalidité, décès ou expropriation.

Le doublement pour travaux énergétiques : un dispositif borné dans le temps

Pour accélérer la rénovation des passoires thermiques, le plafond d'imputation a été temporairement porté à 21 400 euros par an, à hauteur des dépenses de rénovation énergétique permettant de faire passer un bien des classes E, F ou G vers les classes A à D, avec un devis accepté à compter du 5 novembre 2022.

La loi de finances pour 2026 (article 47) a levé l'incertitude sur les bornes du dispositif : la limite majorée de 21 400 euros est prorogée jusqu'au 31 décembre 2027, comme le confirme la brochure pratique de l'impôt sur le revenu 2026, et l'article 156 du CGI en vigueur retient une justification du nouveau classement énergétique au plus tard à cette date. Le commentaire du BOFiP, qui mentionne encore des dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2025, n'a pas été mis à jour sur ce point. Avant d'engager des travaux, faites tout de même valider que vos dépenses entrent bien dans le dispositif : devis accepté, nature des travaux et justificatif du gain de classe.

Le déficit LMNP : enfermé dans les BIC non professionnels

Changement complet de logique en meublé. Les déficits d'une activité de location meublée exercée à titre non professionnel ne s'imputent jamais sur le revenu global : l'article 156 du CGI les cantonne expressément à la catégorie. Un déficit LMNP s'impute uniquement sur vos bénéfices de location meublée non professionnelle des 10 années suivantes. Pas de réduction de votre salaire imposable, pas d'effet sur vos pensions : le déficit attend, dans sa case, des bénéfices meublés à absorber.

Cette étanchéité joue dans les deux sens, et c'est le point que les primo-investisseurs oublient : un déficit LMNP ne peut pas éponger des revenus fonciers, et le déficit foncier ne se compense pas directement avec vos bénéfices meublés dans leur catégorie. La part du déficit foncier imputée sur le revenu global réduit en revanche l'impôt dû sur l'ensemble de vos revenus, bénéfices meublés compris, puisqu'elle diminue le revenu global ; l'excédent reportable, lui, ne s'imputera que sur des revenus fonciers. Si vous détenez à la fois du nu et du meublé, vous gérez deux compartiments fiscaux parallèles, chacun avec ses déficits, ses reports et son calendrier.

Pourquoi le déficit LMNP est rare au régime réel

Le paradoxe du meublé au réel : son avantage fiscal est massif, et pourtant il produit rarement du déficit. La raison tient à la mécanique de l'amortissement. En location meublée, l'amortissement déductible est plafonné par l'article 39 C du CGI : il ne peut pas creuser un déficit, sa déduction s'arrêtant au niveau du résultat avant amortissement. La fraction non utilisée ne disparaît pas, elle se met en réserve et se reporte sans limite de durée sur les exercices suivants.

Le déficit LMNP ne peut donc provenir que des charges réelles seules : intérêts d'emprunt, travaux, taxe foncière, honoraires. Cela arrive, typiquement l'année d'acquisition avec de gros frais, mais le régime de croisière ressemble plutôt à ceci : un résultat imposable maintenu à zéro par l'amortissement pendant de longues années, et un stock d'amortissements en report. C'est un outil différent du déficit foncier, souvent plus puissant dans la durée, mais qui ne réduira jamais l'impôt sur votre salaire.

Les erreurs classiques des primo-investisseurs

Trois confusions reviennent sans cesse dans les dossiers que nous reprenons :

Chez Comptalocatif, cabinet dédié à la location meublée, ce tri entre les deux mécanismes fait partie des premiers échanges de l'accompagnement à 600 euros par an : le bon montage dépend de vos revenus, de vos travaux et de votre horizon, pas d'une préférence de principe pour l'un ou l'autre régime.

Nu ou meublé : le comparatif rapide

Pour y voir clair en un coup d'œil :

Le bon réflexe avant d'arbitrer : chiffrer les deux scénarios sur votre situation réelle avec le simulateur, gros travaux d'un côté, amortissement de l'autre.

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Guillaume Mailey
Guillaume Mailey
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Vos questions, nos réponses

Peut-on imputer un déficit LMNP sur son salaire ? +

Non, jamais. Les déficits de location meublée non professionnelle s'imputent exclusivement sur les bénéfices de même nature des 10 années suivantes. Seul le déficit foncier de la location nue s'impute sur le revenu global, dans la limite de 10 700 euros par an.

Quel est le plafond du déficit foncier en 2026 ? +

10 700 euros par an imputables sur le revenu global, hors fraction liée aux intérêts d'emprunt. Un plafond majoré de 21 400 euros s'applique aux travaux de rénovation énergétique qui font passer un logement des classes E, F ou G aux classes A à D, prorogé jusqu'au 31 décembre 2027 par la loi de finances pour 2026.

Pourquoi mon LMNP au réel n'est-il pas en déficit ? +

Parce que l'amortissement ne peut pas créer de déficit : sa déduction est plafonnée au résultat avant amortissement, le surplus étant mis en report sans limite de durée. Votre résultat est simplement maintenu à zéro, ce qui produit le même effet d'impôt nul sur vos loyers.

Un déficit foncier peut-il compenser des bénéfices de meublé ? +

Non. Revenus fonciers et BIC de location meublée sont deux catégories étanches : chaque déficit reste dans la sienne, y compris pour les reports.

Combien de temps un déficit LMNP est-il reportable ? +

10 ans, sur les seuls bénéfices de location meublée non professionnelle. Les amortissements non déduits suivent un régime distinct et se reportent, eux, sans limitation de durée.

Quels prélèvements sociaux entre location nue et meublée ? +

17,2 % sur les revenus fonciers de la location nue, 18,6 % sur les BIC de location meublée non professionnelle depuis les revenus 2025. Les plus-values immobilières des particuliers restent à 17,2 % dans les deux cas.

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