La réponse courte. Dans le cas général, un loueur en meublé non professionnel paie des prélèvements sociaux sur son bénéfice, au taux de 18,6 % depuis les revenus 2025, sans être affilié à aucun régime social. La bascule vers de vraies cotisations sociales intervient dans deux situations : un meublé de tourisme dont les recettes dépassent 23 000 euros par an, ou une location longue durée dont les recettes dépassent à la fois 23 000 euros et les autres revenus d'activité du foyer, ce qui correspond au passage en loueur professionnel.
Sur les revenus d'une location meublée, la ligne « prélèvements sociaux » de l'avis d'imposition et les « cotisations sociales » réclamées par l'Urssaf sont deux mondes différents, avec des taux, des organismes et des logiques qui n'ont rien à voir. Confondre les deux conduit soit à payer ce qu'on ne doit pas, soit à découvrir une affiliation obligatoire des années trop tard. Posons la frontière clairement.
Deux ponctions qui ne se ressemblent pas
Les prélèvements sociaux sont un impôt additionnel : ils sont calculés par l'administration fiscale sur la base de votre déclaration de revenus, en même temps que l'impôt sur le revenu, et ils n'ouvrent aucun droit. Vous ne validez ni trimestre de retraite ni couverture maladie en les payant.
Les cotisations sociales relèvent d'une autre logique : elles supposent une affiliation à un régime de sécurité sociale (le plus souvent la Sécurité sociale des indépendants, gérée par l'Urssaf), se calculent sur les recettes ou le bénéfice de l'activité, et ouvrent en contrepartie des droits sociaux, notamment pour la retraite et la maladie. Leur poids est nettement supérieur à 18,6 %, mais elles remplacent alors les prélèvements sociaux sur ces revenus : on ne paie jamais les deux sur la même assiette.
Toute la question est donc de savoir de quel côté de la frontière votre activité se situe, et cette frontière dépend de vos recettes et de votre mode de location.
Le cas général : des prélèvements sociaux à 18,6 %
Tant que vous restez loueur non professionnel au sens social du terme, vos revenus meublés sont traités comme des revenus du patrimoine. Ils supportent les prélèvements sociaux au taux global de 18,6 %, décomposé en 10,6 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité.
Ce taux est récent, et beaucoup de sites affichent encore l'ancien : la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a porté la CSG sur les revenus du patrimoine de 9,2 % à 10,6 %, à compter des revenus 2025 déclarés en 2026. La location nue, elle, conserve le taux de 17,2 %, les revenus fonciers faisant partie des exceptions maintenues à 9,2 % de CSG, au même titre que les plus-values immobilières. Petite consolation pour les foyers imposés au barème : la part de CSG déductible du revenu global reste fixée à 6,8 %.
L'assiette suit votre régime d'imposition : au micro-BIC, les 18,6 % s'appliquent sur vos loyers après abattement forfaitaire ; au régime réel, ils s'appliquent sur votre bénéfice après charges et amortissements. C'est un argument de plus en faveur du réel : un résultat fiscal ramené à zéro efface l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux d'un même mouvement.
Côté paiement, tout passe par la déclaration de revenus et la 2042 C PRO : l'administration calcule les montants et prélève des acomptes dans le cadre du prélèvement à la source, sans aucune démarche auprès de l'Urssaf.
Meublé de tourisme : la bascule à 23 000 euros de recettes
La location de courte durée obéit à une règle spécifique. Dès que les recettes annuelles de vos meublés de tourisme dépassent 23 000 euros, l'affiliation à un régime de sécurité sociale devient obligatoire, même si vous restez fiscalement non professionnel. Sous ce seuil, rien ne change : vous relevez du cas général et payez uniquement les prélèvements sociaux.
Au-delà de 23 000 euros, service-public.gouv.fr décrit trois statuts possibles selon votre situation :
- micro-entrepreneur, tant que les recettes restent sous le plafond du régime micro (77 700 euros pour 2025, 83 600 euros pour 2026), avec des cotisations calculées en pourcentage des recettes ;
- travailleur indépendant à la Sécurité sociale des indépendants, avec des cotisations calculées sur le bénéfice ;
- régime général, une option réservée aux meublés de tourisme dont les recettes ne dépassent pas ce même plafond, avec des cotisations prélevées sur les recettes après abattement.
Au-delà du plafond micro, le régime des travailleurs indépendants s'impose. Le choix entre ces statuts mérite un vrai calcul, car les assiettes diffèrent : un loueur saisonnier au régime réel avec beaucoup de charges aura souvent intérêt au statut de travailleur indépendant, quand un petit dépassement de seuil peut être mieux traité autrement. Les spécificités de la courte durée, classement compris, sont détaillées dans nos articles sur le meublé de tourisme et la fiscalité Airbnb.
Location longue durée : le critère supplémentaire du LMP
Pour une location meublée à l'année, dépasser 23 000 euros de recettes ne suffit pas à déclencher les cotisations. Il faut une seconde condition : que ces recettes dépassent aussi les autres revenus d'activité de votre foyer fiscal (salaires et autres bénéfices professionnels). Ce sont les conditions du passage en loueur en meublé professionnel, et c'est ce basculement qui emporte l'affiliation à la Sécurité sociale des indépendants.
En pratique, un salarié qui perçoit 40 000 euros de salaire et 30 000 euros de loyers meublés longue durée reste non professionnel et continue de payer 18,6 % de prélèvements sociaux sur son bénéfice. Le même bailleur à la retraite, dont les pensions ne comptent pas parmi les revenus d'activité, peut basculer en professionnel sans avoir rien changé à ses locations. Le sujet dépasse le seul volet social (imposition des plus-values et des déficits notamment) et nous lui avons consacré un guide complet : le passage de LMNP à LMP.
Ce critère du foyer fiscal se surveille chaque année, car un changement de situation (départ en retraite, baisse de salaire, hausse de loyers) suffit à franchir la ligne. C'est l'un des points que nous vérifions systématiquement chez Comptalocatif lors de la revue annuelle des dossiers, l'affiliation tardive se régularisant rarement à l'avantage du bailleur.
Ce qu'il faut retenir pour votre déclaration
Le raisonnement tient en trois questions, à se poser dans l'ordre. Vos meublés de tourisme encaissent-ils plus de 23 000 euros par an ? Si oui, l'affiliation est obligatoire et il faut choisir un statut social. Vos recettes meublées totales dépassent-elles à la fois 23 000 euros et les autres revenus d'activité du foyer ? Si oui, vous relevez du régime professionnel et de la SSI. Dans tous les autres cas, vous n'avez affaire qu'à l'administration fiscale, pour 18,6 % de prélèvements sociaux calculés sur la base issue de votre statut LMNP et de votre régime d'imposition.

Vos questions, nos réponses
Quel est le taux des prélèvements sociaux en LMNP ? +
Il est de 18,6 % depuis les revenus 2025 déclarés en 2026, décomposé en 10,6 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité. La hausse résulte de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, qui a porté la CSG sur les revenus du patrimoine de 9,2 % à 10,6 %.
Pourquoi la location nue reste-t-elle à 17,2 % ? +
Les revenus fonciers font partie des exceptions expressément maintenues au taux de CSG de 9,2 %, avec les plus-values immobilières, l'assurance-vie et l'épargne logement. La location meublée, imposée en BIC, ne bénéficie pas de cette exception et relève du taux de droit commun des revenus du patrimoine.
Un LMNP doit-il payer des cotisations à l'Urssaf ? +
Non dans le cas général. Les cotisations ne deviennent obligatoires que si vos meublés de tourisme dépassent 23 000 euros de recettes annuelles, ou si votre activité longue durée franchit les conditions du loueur professionnel, à savoir plus de 23 000 euros de recettes dépassant aussi les autres revenus d'activité du foyer.
Paie-t-on à la fois les prélèvements sociaux et les cotisations SSI ? +
Non, jamais sur les mêmes revenus. Dès lors que votre activité est affiliée à un régime social et supporte des cotisations, les revenus correspondants échappent aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine.
Les prélèvements sociaux ouvrent-ils des droits à la retraite ? +
Non, ce sont des impositions sans contrepartie : ni trimestres de retraite, ni couverture maladie. Seules les cotisations sociales versées dans le cadre d'une affiliation (SSI, régime général ou micro-entrepreneur) génèrent des droits sociaux.
La CSG payée sur mes loyers meublés est-elle déductible ? +
En partie : pour les revenus soumis au barème progressif, 6,8 points de CSG sont déductibles de votre revenu global l'année de leur paiement. Le reste (CSG non déductible, CRDS et prélèvement de solidarité) demeure définitivement à votre charge.
- Doit-on verser des cotisations sociales pour la mise en location d'un meublé ?, service-public.gouv.fr
- Prélèvements sociaux (CSG, CRDS...) sur les revenus du patrimoine et de placements, service-public.gouv.fr
- Je donne un bien en location. Dois-je payer des prélèvements sociaux ?, impots.gouv.fr
- Principales nouveautés revenus 2025, brochure pratique de l'impôt sur le revenu 2026, impots.gouv.fr
- Régime fiscal du loueur en meublé professionnel (LMP), entreprendre.service-public.gouv.fr