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Chambres d'hôtes : le régime fiscal et social complet

Définition légale, déclaration en mairie, abattement de 50 %, TVA, affiliation sociale à 13 % du PASS : tout le régime fiscal et social des chambres d'hôtes.

Guillaume MaileyPar Guillaume Mailey, expert-comptable inscrit à l'Ordre·Mis à jour le 5 septembre 2026·6 min de lecture

La réponse courte. Une chambre d'hôtes n'est pas un simple meublé : vous hébergez chez vous, avec petit-déjeuner et services, dans la limite de 5 chambres et 15 personnes. Fiscalement, l'activité relève des BIC avec un micro à 50 % d'abattement, et de la para-hôtellerie pour la TVA (exigible au-delà de la franchise de 85 000 euros). Socialement, l'affiliation devient obligatoire dès que le revenu imposable dépasse 13 % du plafond de la Sécurité sociale, soit 6 248 euros en 2026.

Ouvrir des chambres d'hôtes dans un mas provençal ou une maison de village du Var fait partie des projets qui reviennent le plus souvent chez nos clients. L'activité a un charme certain, mais son régime juridique, fiscal et social obéit à des règles propres, sensiblement différentes de celles du meublé de tourisme classique. Voici le tour complet de la question.

Ce que dit le code du tourisme : 5 chambres, 15 personnes, des services

La chambre d'hôtes est définie par le code du tourisme (articles L324-3 et suivants) : une chambre meublée située chez l'habitant, louée à des touristes pour une ou plusieurs nuitées, assortie de prestations. L'activité est plafonnée à 5 chambres et 15 personnes accueillies simultanément ; au-delà, vous basculez dans la réglementation des hébergements collectifs, avec des normes incendie et accessibilité d'un tout autre niveau.

La location doit comprendre des prestations qui font la spécificité de la formule : accueil assuré par l'habitant, petit-déjeuner, fourniture du linge de maison et ménage régulier des chambres, sans facturation séparée. C'est ce panier de services qui distingue juridiquement la chambre d'hôtes d'un meublé de tourisme, où le locataire dispose d'un logement autonome sans services hôteliers.

Avant d'accueillir le premier client, une déclaration en mairie est obligatoire (formulaire Cerfa n° 13566). Son absence est punie d'une amende pouvant atteindre 450 euros, et beaucoup de communes touristiques de PACA vérifient. Selon les cas, une immatriculation de l'activité (registre du commerce ou guichet unique) s'ajoute lorsque l'activité est exercée à titre habituel.

Une fiscalité de para-hôtellerie, pas de simple location meublée

Parce qu'elle combine hébergement et services (accueil, petit-déjeuner, linge, ménage), l'activité de chambres d'hôtes s'analyse fiscalement comme de la para-hôtellerie, et non comme de la location meublée passive. Les recettes restent imposées dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, avec deux régimes possibles :

Sur le bénéfice imposable s'ajoutent les prélèvements sociaux ou les cotisations sociales selon votre situation (voir plus bas). Rappelons au passage que le taux des prélèvements sociaux sur les revenus locatifs meublés est de 18,6 % depuis l'imposition des revenus 2025.

La TVA : la franchise de 85 000 euros, puis l'assujettissement

La para-hôtellerie est par nature dans le champ de la TVA : contrairement au loueur en meublé classique, exonéré, l'exploitant de chambres d'hôtes est un assujetti. En pratique, la franchise en base de TVA neutralise le sujet pour la grande majorité des maisons d'hôtes : en 2026, elle s'applique jusqu'à 85 000 euros de recettes annuelles pour les activités d'hébergement, avec un seuil majoré de 93 500 euros (le projet de seuil unique à 25 000 euros a été écarté par le législateur fin 2025).

Tant que vous restez sous ces seuils, vous ne facturez pas de TVA et n'en récupérez pas. Si vous les franchissez, vous facturez la TVA (au taux intermédiaire de 10 % sur l'hébergement et le petit-déjeuner, au taux applicable sur les autres prestations), vous la reversez, et vous récupérez en contrepartie la TVA sur vos dépenses et travaux. Cette bascule change l'économie du projet et peut, dans certains montages avec gros travaux, devenir un avantage. Le mécanisme complet est détaillé dans notre article sur la TVA en location meublée.

Le régime social : l'affiliation dès 13 % du PASS

C'est la grande spécificité des chambres d'hôtes, et le point le plus souvent découvert trop tard. Le seuil d'affiliation sociale ne se calcule pas sur les recettes, comme pour la location saisonnière (23 000 euros), mais sur le revenu imposable de l'activité : dès que celui-ci dépasse 13 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, l'affiliation en tant que travailleur indépendant devient obligatoire. Le plafond 2026 étant fixé à 48 060 euros, le seuil d'affiliation s'établit à 6 248 euros de revenu imposable.

Deux conséquences pratiques. D'abord, le seuil est bas : au micro-BIC, il correspond à environ 12 500 euros de recettes annuelles (le revenu imposable étant les recettes après abattement de 50 %), ce qu'une maison de 3 chambres bien remplie atteint sans difficulté en PACA. Ensuite, en dessous du seuil, vous ne payez que les prélèvements sociaux sur le revenu imposable ; au-dessus, vous cotisez comme un indépendant, ce qui coûte plus cher mais ouvre des droits à retraite et à assurance maladie.

L'arbitrage entre rester sous le seuil, cotiser au régime des indépendants ou opter pour d'autres statuts dépend des chiffres de chaque maison. C'est un calcul que nous faisons chez Comptalocatif dans le cadre de l'accompagnement à 600 euros par an, comptabilité et déclarations comprises.

La table d'hôtes et les prestations annexes

La table d'hôtes n'est pas définie par la loi mais tolérée dans un cadre étroit : un menu unique, servi aux seuls clients hébergés, à la table familiale. Sortir de ce cadre (accueillir des clients extérieurs, proposer une carte) fait basculer dans la réglementation de la restauration commerciale. Les recettes de la table d'hôtes s'ajoutent aux recettes de l'activité et suivent le même régime fiscal ; si vous servez des boissons alcoolisées, une licence restaurant adaptée est nécessaire.

Pensez aussi à la taxe de séjour, collectée auprès des hôtes selon le barème voté par votre commune ou intercommunalité, et à votre assurance : une responsabilité civile professionnelle couvrant l'accueil payant de clients chez vous ne relève pas du contrat habitation standard.

Chambre d'hôtes ou meublé de tourisme : bien choisir sa formule

Les deux activités se ressemblent vues de loin, mais tout les sépare en pratique : le meublé de tourisme se loue en autonomie, éventuellement à distance, avec une fiscalité dépendant du classement ; la chambre d'hôtes exige votre présence et des services quotidiens, en échange d'un abattement de 50 % préservé et d'un revenu par mètre carré souvent supérieur. Le meublé s'arrête au seuil social de 23 000 euros de recettes, la chambre d'hôtes s'affilie dès 6 248 euros de revenu imposable.

Le bon choix dépend de votre disponibilité, du bien et des chiffres attendus. Faites tourner les deux scénarios avant les travaux plutôt qu'après : le régime social, la TVA et l'amortissement peuvent inverser le classement des deux formules sur le revenu net final.

Guillaume Mailey
Guillaume Mailey
Expert-comptable inscrit à l'Ordre
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Vos questions, nos réponses

Combien de chambres d'hôtes peut-on exploiter au maximum ? +

La limite réglementaire est de 5 chambres pour une capacité totale de 15 personnes accueillies simultanément. Au-delà, l'activité relève des règles des établissements recevant du public et de l'hébergement collectif.

Quel abattement fiscal pour des chambres d'hôtes en 2026 ? +

Au micro-BIC, l'abattement est de 50 %, dans la limite de 83 600 euros de recettes annuelles. La réduction à 30 % instaurée par la loi Le Meur vise les meublés de tourisme non classés et ne s'applique pas aux chambres d'hôtes.

Les chambres d'hôtes paient-elles la TVA ? +

L'activité est dans le champ de la TVA au titre de la para-hôtellerie, mais la franchise en base l'en dispense jusqu'à 85 000 euros de recettes annuelles (seuil 2026 pour l'hébergement). Au-delà, la TVA se facture, et se récupère sur les dépenses.

À partir de quel montant faut-il s'affilier à l'Urssaf ? +

Dès que le revenu imposable tiré des chambres d'hôtes dépasse 13 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 6 248 euros en 2026 (plafond de 48 060 euros). Au micro-BIC, cela correspond à environ 12 500 euros de recettes.

La déclaration en mairie est-elle obligatoire ? +

Oui, avant tout accueil de clients, via le formulaire Cerfa n° 13566. L'absence de déclaration est passible d'une amende pouvant atteindre 450 euros.

Peut-on servir de l'alcool à la table d'hôtes ? +

Uniquement avec une licence adaptée, et dans le cadre strict de la table d'hôtes : menu unique servi aux seuls clients hébergés. Au-delà, l'activité relève de la restauration commerciale.

Sources officielles

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