La réponse courte. Personne ne retient d'impôt sur vos loyers au moment où ils tombent : les bénéfices de location meublée paient l'impôt par un acompte prélevé sur votre compte bancaire, chaque mois le 15 ou chaque trimestre sur option. Cet acompte se calcule à partir de votre dernière déclaration de revenus, s'actualise chaque septembre, et l'éventuel solde restant est régularisé à partir de septembre de l'année suivante. Au régime réel, un bénéfice ramené à zéro par l'amortissement signifie un acompte nul.
Le prélèvement à la source évoque la retenue sur le salaire, opérée par l'employeur avant virement. Les loyers ne fonctionnent pas ainsi : aucun locataire ne retient d'impôt pour vous. Le législateur a donc prévu, pour les bénéfices industriels et commerciaux dont relève la location meublée, un système d'acomptes dits contemporains, prélevés directement par l'administration sur votre compte. Voici comment la machine tourne, et où elle peut vous surprendre.
Pourquoi vos loyers passent par un acompte
Le prélèvement à la source repose sur deux canaux. Les salaires et pensions subissent une retenue opérée par celui qui les verse. Les revenus sans collecteur, dont les bénéfices industriels et commerciaux de la location meublée, les bénéfices non commerciaux et les revenus fonciers, donnent lieu à un acompte prélevé par l'administration fiscale sur le compte bancaire que vous avez désigné.
Cet acompte couvre l'impôt sur le revenu calculé à votre taux de prélèvement à la source, et il inclut également les prélèvements sociaux dus sur ces revenus, au taux de 18,6 % pour les loyers meublés d'un non professionnel. Les mensualités que vous voyez passer mêlent donc les deux, ce qui explique leur montant parfois plus élevé qu'attendu.
Mensuel ou trimestriel : le choix du rythme
Par défaut, l'acompte est prélevé en douze mensualités, le 15 de chaque mois. Sur option, vous pouvez passer à un rythme trimestriel : quatre prélèvements les 15 février, 15 mai, 15 août et 15 novembre. L'option se prend dans votre espace particulier, rubrique Gérer mon prélèvement à la source, avant le 30 septembre pour s'appliquer à compter du 1er janvier suivant, et elle vaut pour l'année entière.
Le trimestriel séduit les bailleurs qui préfèrent piloter leur trésorerie par grandes échéances, notamment quand les loyers rentrent de façon irrégulière. Le mensuel lisse davantage et évite les prélèvements massifs. Le montant annuel reste identique dans les deux cas, seule la respiration change. Pour caler ces échéances avec la CFE, la taxe foncière et la déclaration de mai, notre calendrier fiscal du LMNP récapitule l'année complète.
Comment l'acompte est calculé
L'administration ne connaît pas vos loyers en temps réel. Elle calcule l'acompte à partir du dernier bénéfice déclaré, en lui appliquant le taux de prélèvement de votre foyer, puis les prélèvements sociaux. Le calendrier en découle :
| Période | Base de calcul de vos acomptes |
|---|---|
| Janvier à août de l'année N | Bénéfice déclaré au titre de N-2 |
| Septembre à décembre de l'année N | Bénéfice déclaré au titre de N-1 |
L'assiette dépend de votre régime. Au micro-BIC, elle correspond à vos recettes après l'abattement forfaitaire de 50 %, ou 30 % pour un meublé de tourisme non classé. Au régime réel, elle correspond au bénéfice de votre liasse, après charges et amortissements. La conséquence mérite d'être soulignée : un dossier au réel dont l'amortissement ramène le résultat à zéro ne génère aucun acompte, quand le même bien au micro-BIC en génère un chaque mois. Un déficit constaté une année met également les acomptes à zéro dès la déclaration suivante ; le sort de ce déficit est détaillé dans notre article sur le déficit en LMNP.
Moduler quand la réalité change
Vos loyers augmentent, un locataire part, vous vendez le bien : l'acompte calé sur le passé ne colle plus. Le service Gérer mon prélèvement à la source permet trois ajustements en cours d'année.
- Moduler à la hausse, librement et à tout moment, pour éviter une régularisation lourde l'année suivante.
- Moduler à la baisse, si votre estimation de l'impôt de l'année en cours fait apparaître un écart suffisant, la loi exigeant actuellement un écart de plus de 5 % par rapport au prélèvement sans modulation. Une baisse excessive et injustifiée expose à une majoration, mieux vaut donc estimer prudemment.
- Signaler l'arrêt de l'activité, en cas de vente ou de fin de location : les acomptes correspondants s'arrêtent sans attendre la prochaine déclaration.
La modulation reste une avance sur la vérité : la déclaration du printemps suivant recalcule l'impôt réel, et tout écart se régularise.
La première année : payer tout de suite ou plus tard
Une activité qui démarre pose un problème mécanique : l'administration ne connaît pas encore vos revenus locatifs, donc aucun acompte ne part. Deux stratégies s'offrent à vous.
La première consiste à attendre votre première déclaration. Vous ne payez rien pendant l'année de démarrage, puis l'impôt et les prélèvements sociaux de cette première année arrivent en une fois lors de la régularisation, en plus des nouveaux acomptes calculés sur cette base. Le cumul peut faire mal à la trésorerie.
La seconde consiste à créer l'acompte vous-même, dès le début de l'activité, dans Gérer mon prélèvement à la source, en déclarant une estimation de votre bénéfice. Le paiement démarre immédiatement et la régularisation future s'en trouve réduite d'autant. Cette option se raisonne : au réel, si votre plan d'amortissement annonce un résultat proche de zéro, créer un acompte n'a guère d'intérêt. Le report du bénéfice se fait dans tous les cas sur la 2042 C PRO au printemps suivant.
Septembre, le mois de vérité
Chaque année, la déclaration déposée au printemps produit ses effets en septembre, à deux niveaux. D'une part, votre taux de prélèvement et vos acomptes sont actualisés à partir des revenus qui viennent d'être déclarés. D'autre part, si les sommes prélevées l'an passé n'ont pas suffi à couvrir l'impôt réel, le solde figure sur votre avis et il est prélevé à partir de fin septembre, en une fois, ou étalé jusqu'en décembre lorsqu'il dépasse 300 euros. Dans le sens inverse, un trop-versé vous est remboursé durant l'été.
Un bailleur au réel bien accompagné subit rarement de mauvaise surprise en septembre : le résultat prévisionnel se connaît dès la clôture, et les acomptes se modulent en conséquence. C'est typiquement le genre de réglage que Comptalocatif intègre à son accompagnement à 600 euros par an, en même temps que la liasse et la déclaration.

Vos questions, nos réponses
Mes loyers meublés sont-ils prélevés à la source ? +
Oui, mais sous forme d'acompte : l'administration prélève chaque mois ou chaque trimestre sur votre compte bancaire un montant calculé sur votre dernier bénéfice déclaré, impôt et prélèvements sociaux compris. Aucune retenue n'est opérée sur le loyer lui-même.
Acompte mensuel ou trimestriel, que choisir ? +
Le montant annuel est identique. Le mensuel lisse la trésorerie en douze fois le 15 du mois, le trimestriel concentre le paiement les 15 février, 15 mai, 15 août et 15 novembre. L'option trimestrielle se prend avant le 30 septembre pour l'année suivante.
Pourquoi mon acompte est-il nul au régime réel ? +
Parce que l'acompte se calcule sur le bénéfice déclaré : si les amortissements et charges ramènent votre résultat à zéro ou en déficit, il n'y a rien à prélever. Le micro-BIC, imposé sur les recettes après abattement, génère au contraire presque toujours un acompte.
Que se passe-t-il la première année de location ? +
Aucun acompte ne part tant que l'administration ignore vos revenus. Vous pouvez soit créer un acompte immédiatement dans votre espace en estimant votre bénéfice, soit attendre la première déclaration et payer l'ensemble lors de la régularisation suivante.
Puis-je baisser mes acomptes si mes loyers diminuent ? +
Oui, via la modulation à la baisse dans Gérer mon prélèvement à la source, à condition que l'écart estimé dépasse le seuil légal, actuellement plus de 5 %. Une modulation excessive expose à une majoration en cas d'erreur manifeste.
Comment fonctionne la régularisation de septembre ? +
L'impôt réel calculé après votre déclaration de printemps est comparé aux sommes déjà prélevées. Le solde éventuel est prélevé à partir de fin septembre, étalé jusqu'en décembre s'il dépasse 300 euros, et un trop-versé est remboursé durant l'été.