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Animaux en location meublée : ce que le bailleur peut interdire

Impossible d'interdire un animal familier dans un bail d'habitation, sauf exceptions. Meublé de tourisme, chiens de catégorie 1, dégâts : le point complet.

Fabien PeduzziPar Fabien Peduzzi, responsable marketing et commercial·Mis à jour le 1 août 2026·6 min de lecture

La réponse courte. L'article 10 de la loi du 9 juillet 1970 répute non écrite toute clause interdisant la détention d'un animal familier dans un logement d'habitation, meublé compris. Deux exceptions existent : la location saisonnière de meublé de tourisme, où l'interdiction reste libre, et les chiens d'attaque de première catégorie, que le bail peut valablement interdire. Le vrai levier du bailleur n'est donc pas l'interdiction, mais la responsabilité du locataire pour les dégâts et les troubles causés par son animal.

La question revient à chaque mise en location d'un meublé : puis-je écrire « animaux interdits » dans le bail ? Beaucoup de contrats téléchargés sur internet contiennent encore cette clause, et beaucoup de bailleurs la croient efficace. Elle ne vaut rien en location d'habitation classique, et la maintenir peut même fragiliser votre position en cas de litige.

Voici ce que la loi permet réellement d'interdire, d'encadrer et de facturer, avec la frontière exacte entre clauses licites et clauses illicites.

Le principe : la clause d'interdiction est réputée non écrite

Le texte fondateur date de plus de cinquante ans et n'a pas bougé sur le principe : l'article 10 de la loi du 9 juillet 1970 dispose qu'est réputée non écrite toute stipulation tendant à interdire la détention d'un animal dans un local d'habitation, dans la mesure où elle concerne un animal familier. Chien, chat, rongeur, oiseau : le locataire d'un meublé à usage de résidence principale a le droit de détenir un animal de compagnie, quoi qu'en dise le contrat.

La même loi pose immédiatement la limite : cette détention est subordonnée au fait que l'animal ne cause aucun dégât à l'immeuble et aucun trouble de jouissance aux occupants. Le droit de détenir un animal n'est donc pas un droit de laisser faire, et c'est sur ce terrain que le bailleur retrouve des leviers.

Notez que la protection vise l'animal « familier » : elle ne couvre pas la détention d'animaux relevant de réglementations spécifiques, comme les espèces non domestiques soumises à autorisation, qui obéissent à leurs propres règles.

L'exception du meublé de tourisme saisonnier

L'article 10 réserve expressément le cas des locations saisonnières de meublés de tourisme : dans ce cadre, le bailleur reste libre d'interdire les animaux, et la clause est parfaitement valable.

La logique est économique autant que juridique : rotation rapide des occupants, ménage entre chaque séjour, allergies des voyageurs suivants, literie et mobilier fournis. Si vous exploitez votre bien en courte durée, vous pouvez donc afficher un refus des animaux dans l'annonce et dans le contrat de location saisonnière, ou au contraire en faire un argument commercial « pet friendly » avec un règlement intérieur adapté.

Attention à la frontière des régimes : le bail mobilité et le bail meublé de résidence principale ne sont pas des locations saisonnières, et la clause d'interdiction y retombe sous le coup de la nullité. C'est la nature du contrat qui commande, pas le simple fait que le logement soit meublé.

Chiens de catégorie 1 et 2 : ce que le bail peut prévoir

La loi distingue deux catégories de chiens dangereux, définies à l'article L. 211-12 du code rural et de la pêche maritime.

Les chiens de première catégorie, dits chiens d'attaque (types pitbull et assimilés, non inscrits à un livre généalogique), peuvent être interdits par le bail : l'article 10 de la loi de 1970 valide expressément cette stipulation. Si vous souhaitez cette interdiction, écrivez-la précisément en visant la première catégorie, plutôt qu'une interdiction générale qui serait réputée non écrite.

Les chiens de deuxième catégorie, dits chiens de garde et de défense (rottweilers et assimilés notamment), ne figurent pas dans l'exception : le bail ne peut pas les interdire. Leur détention est en revanche fortement encadrée par la loi elle-même, avec permis de détention délivré par le maire, formation du maître, évaluation comportementale, assurance responsabilité civile et port de la muselière dans les parties communes. Un locataire qui détient un tel chien sans respecter ces obligations se met en tort vis-à-vis de la loi, ce qui pèse dans un contentieux.

Dégâts et nuisances : les vrais leviers du bailleur

Puisque l'interdiction générale est fermée, la protection du bailleur repose sur trois mécanismes classiques du droit locatif.

Les dégradations s'imputent au locataire. Griffures de parquet, moquette imprégnée, mobilier rongé : les dégradations causées par l'animal relèvent des réparations locatives à la charge du locataire, et se retiennent sur le dépôt de garantie sur la base de justificatifs. Tout se joue sur la preuve, donc sur la qualité de l'état des lieux d'entrée et de sortie, pièce par pièce et meuble par meuble. En meublé, l'inventaire du mobilier annexé au bail devient votre meilleur allié.

Les troubles de voisinage engagent le locataire. Aboiements continus, odeurs, animal laissé seul des journées entières : le locataire doit user paisiblement du logement, et les troubles causés par son animal constituent un manquement à cette obligation. Après mises en demeure documentées restées sans effet, des manquements graves et répétés peuvent justifier une résiliation judiciaire du bail ou un congé pour motif légitime et sérieux à l'échéance, apprécié par le juge au vu du dossier.

L'assurance complète le dispositif. Les dommages causés aux tiers par l'animal relèvent de la responsabilité civile de son maître, généralement incluse dans l'assurance habitation du locataire, dont vous vérifiez l'attestation chaque année. Côté propriétaire, une assurance PNO et une garantie adaptées restent le socle de protection du bien, détaillées dans notre guide des assurances du bailleur.

Clauses licites, clauses illicites : le mémo pour rédiger le bail

Pour un bail meublé de résidence principale, voici la ligne de partage à retenir au moment de la rédaction.

Sont valables :

Sont à proscrire :

Reste la question qu'on nous pose souvent au moment de sélectionner un dossier de locataire : la présence d'un animal peut-elle peser dans le choix du candidat ? La détention d'un animal ne figure pas parmi les critères de discrimination prohibés par la loi, et le bailleur demeure libre de choisir son locataire parmi les candidatures, sur la base de critères de solvabilité et de sérieux. Une fois le bail signé, en revanche, le droit du locataire de détenir un animal familier s'impose à vous.

Un dernier mot de gestion : pensez à documenter chaque incident (photos datées, échanges écrits, constats) plutôt que d'accumuler les griefs oraux. Les bailleurs accompagnés par Comptalocatif utilisent la plateforme incluse dans l'accompagnement à 600 euros par an pour conserver ces pièces au même endroit que les loyers et les charges, ce qui rend les retenues sur dépôt de garantie et les éventuels contentieux beaucoup plus solides.

Fabien Peduzzi
Fabien Peduzzi
Responsable marketing et commercial
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Vos questions, nos réponses

Un bailleur peut-il interdire les animaux dans un bail meublé ? +

Non pour un meublé loué en résidence principale : la clause d'interdiction d'un animal familier est réputée non écrite par l'article 10 de la loi du 9 juillet 1970. Les seules interdictions valables concernent les chiens d'attaque de première catégorie et les locations saisonnières de meublés de tourisme.

Peut-on interdire les animaux dans une location saisonnière ? +

Oui, la loi de 1970 exclut expressément les locations saisonnières de meublés de tourisme de la protection. Le bailleur peut interdire les animaux dans l'annonce et le contrat, ou les accepter avec un règlement adapté s'il vise la clientèle qui voyage avec son animal.

Quels chiens le bail peut-il interdire ? +

Uniquement les chiens de première catégorie, dits chiens d'attaque, visés par l'article L. 211-12 du code rural. Les chiens de deuxième catégorie ne peuvent pas être interdits par le bail, mais leur détention est encadrée par la loi : permis de détention, assurance, évaluation comportementale et muselière dans les espaces communs.

Qui paie les dégâts causés par l'animal du locataire ? +

Le locataire, au titre des réparations locatives. Les dégradations constatées par comparaison des états des lieux d'entrée et de sortie se retiennent sur le dépôt de garantie, justificatifs à l'appui, et le bailleur peut réclamer le surplus si le dépôt ne couvre pas le montant des remises en état.

Les aboiements peuvent-ils justifier la résiliation du bail ? +

Des troubles graves et répétés, documentés par des mises en demeure, des témoignages et des constats, caractérisent un manquement à l'usage paisible du logement. Le juge peut alors prononcer la résiliation du bail, et un congé pour motif légitime et sérieux peut aussi être envisagé à l'échéance du contrat.

Le bailleur peut-il exiger un supplément de loyer pour un animal ? +

Non, aucun texte n'autorise une majoration de loyer ou un dépôt de garantie renforcé au motif de la présence d'un animal, le dépôt étant plafonné à deux mois de loyer en meublé. La protection du bailleur passe par l'état des lieux, l'inventaire du mobilier et la responsabilité du locataire.

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