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Préavis en location meublée : délais locataire et bailleur

Un mois de préavis pour le locataire d'un meublé, trois mois et un motif pour le bailleur : délais, forme du congé, point de départ et loyers dus.

Fabien PeduzziPar Fabien Peduzzi, responsable marketing et commercial·Mis à jour le 17 août 2026·5 min de lecture
Préavis en location meublée : délais locataire et bailleur

La réponse courte. En location meublée, le locataire peut partir à tout moment avec un préavis d'un mois, sans avoir à se justifier. Le bailleur, lui, ne peut donner congé que pour l'échéance du bail, en respectant un préavis de trois mois et en invoquant l'un des trois motifs admis : reprise pour y habiter, vente du logement ou motif légitime et sérieux. Le congé se notifie par lettre recommandée avec avis de réception, par acte de commissaire de justice ou par remise en main propre contre signature, et le délai court à compter de sa réception.

Le préavis est l'un des points où la location meublée se distingue le plus nettement de la location nue, et l'un de ceux qui génèrent le plus de litiges évitables. Un congé mal notifié ou mal daté peut coûter plusieurs mois de loyer au locataire, ou faire échouer une reprise au bailleur. Voici les règles applicables en 2026, côté locataire puis côté propriétaire.

Côté locataire : un mois, sans justification

Le locataire d'un logement meublé loué en résidence principale peut résilier son bail meublé à tout moment, y compris pendant la première année. Son préavis est d'un mois, quelle que soit la situation du logement : zone tendue ou non, mutation professionnelle ou simple envie de déménager, aucune justification n'est exigée.

La comparaison avec la location nue éclaire l'intérêt du meublé pour les locataires mobiles : en location vide, le préavis de droit commun est de trois mois, ramené à un mois seulement dans certains cas (logement situé en zone tendue, mutation, perte d'emploi, état de santé justifiant un déménagement, bénéficiaires de certaines aides), et à condition de joindre le justificatif au congé. En meublé, le délai d'un mois s'applique d'office.

Cette souplesse explique une rotation plus élevée des locataires en meublé. Un bailleur avisé l'anticipe dans son calendrier : la relocation se prépare dès la réception du congé, pas à la remise des clés, et l'état des lieux de sortie se programme avant la fin du préavis.

La forme du congé compte autant que le délai

Le congé, qu'il émane du locataire ou du bailleur, doit être notifié par l'un des trois moyens admis par la loi :

Un courriel simple, un SMS ou un message laissé au gardien n'ont aucune valeur, même si le destinataire y répond. Seule exception numérique : la lettre recommandée électronique, à condition que le destinataire ait préalablement accepté ce mode de réception. En pratique, la lettre recommandée papier reste le réflexe le plus sûr, et l'acte de commissaire de justice s'impose quand la relation est déjà conflictuelle ou que le destinataire ne retire pas ses recommandés.

Le point de départ du préavis et les loyers dus

Le délai ne court pas à l'envoi du congé mais à sa réception effective : jour de réception de la lettre recommandée, jour de la signification par le commissaire de justice ou jour de la remise en main propre. Un congé posté le 28 du mois mais réceptionné le 5 du mois suivant fait courir le préavis à compter du 5. Une lettre jamais retirée ne fait pas courir le délai, d'où l'intérêt des deux autres modes de notification en cas de doute.

Pendant le préavis, le locataire reste tenu du loyer et des charges jusqu'au dernier jour, même s'il rend les clés plus tôt. Deux tempéraments existent : si un nouveau locataire entre dans les lieux avant la fin du préavis avec l'accord du bailleur, le paiement s'arrête à son arrivée, et lorsque le préavis s'achève en cours de mois, le loyer du dernier mois se calcule au prorata des jours d'occupation. Le bailleur délivre les quittances correspondantes jusqu'au terme, notre générateur de quittance de loyer permet de le faire proprement en quelques secondes. La restitution du dépôt de garantie suit ensuite son propre calendrier, distinct du préavis.

Côté gestion, la période de préavis concentre les tâches : dernier appel de loyer proratisé, état des lieux, arrêté des comptes, relocation. Les bailleurs accompagnés par Comptalocatif traitent l'ensemble depuis l'espace de gestion locative inclus dans l'accompagnement à 600 euros par an, ce qui évite les oublis dans l'enchaînement entre deux locataires.

Côté bailleur : trois mois avant l'échéance et un motif sérieux

Le bailleur ne dispose pas de la même liberté. Il ne peut pas mettre fin au bail en cours de route : le congé ne peut être donné que pour l'échéance du contrat, et il doit parvenir au locataire au moins trois mois avant cette date. Un congé reçu deux mois et demi avant l'échéance est sans effet, et le bail se reconduit tacitement pour un an.

Le congé doit en outre être motivé par l'un des trois motifs prévus par la loi :

La forme suit les mêmes règles que pour le locataire : recommandé avec avis de réception, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre signature. Certains locataires âgés aux ressources modestes bénéficient d'une protection particulière qui impose au bailleur de proposer un relogement, et un congé frauduleux (reprise fictive, vente à un prix dissuasif) est puni d'une amende pénale pouvant atteindre 6 000 euros pour un particulier et 30 000 euros pour une personne morale, sans préjudice de dommages et intérêts. Notre article dédié au congé donné par le bailleur en meublé détaille chaque motif et les pièges de rédaction.

Bail étudiant de 9 mois et bail mobilité : des règles à part

Deux contrats dérogent au schéma classique du bail meublé d'un an.

Le bail étudiant de 9 mois ne se reconduit pas tacitement : il prend fin automatiquement à son terme, sans que le bailleur ait de congé à délivrer ni de motif à fournir. Le locataire étudiant conserve en revanche sa faculté de partir avant le terme, avec le préavis d'un mois de droit commun notifié dans les formes habituelles.

Le bail mobilité, conclu pour une durée de 1 à 10 mois non renouvelable, suit une logique proche : le contrat s'éteint à la date convenue, le bailleur ne peut pas y mettre fin en cours de route, et le locataire peut le résilier à tout moment avec un préavis d'un mois. La durée peut être modifiée une seule fois par avenant, sans jamais dépasser 10 mois au total ; au-delà, la relation se poursuit nécessairement sous la forme d'un bail meublé classique d'un an.

Pour un bailleur étudiant en LMNP, ces deux formats simplifient la sortie : pas de congé à anticiper trois mois à l'avance, pas de motif à défendre, la date de fin est connue dès la signature.

Fabien Peduzzi
Fabien Peduzzi
Responsable marketing et commercial
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Vos questions, nos réponses

Quel est le préavis d'un locataire en meublé ? +

Un mois, à compter de la réception du congé par le bailleur. Aucun justificatif n'est demandé, et la règle vaut aussi bien en zone tendue qu'ailleurs, pour le bail d'un an comme pour le bail étudiant de 9 mois.

Le bailleur peut-il donner congé quand il veut ? +

Non. Le congé du bailleur ne vaut que pour l'échéance du bail, avec un préavis de trois mois et un motif obligatoire : reprise pour habiter, vente ou motif légitime et sérieux. En dehors de l'échéance, le bail continue.

Un congé envoyé par mail est-il valable ? +

Non, sauf lettre recommandée électronique expressément acceptée au préalable par le destinataire. Les trois formes sûres restent la lettre recommandée avec avis de réception, l'acte de commissaire de justice et la remise en main propre contre récépissé.

Quand démarre le préavis ? +

À la réception effective du congé : date de première présentation retirée pour le recommandé, date de signification pour l'acte, date de remise pour la main propre. Un recommandé jamais retiré ne fait pas courir le délai.

Le locataire paie-t-il le loyer s'il part avant la fin du préavis ? +

Oui, le loyer et les charges restent dus jusqu'au terme du préavis, sauf si un nouveau locataire prend possession des lieux avant, avec l'accord du bailleur. Le dernier mois se calcule au prorata si le préavis s'achève en cours de mois.

Faut-il donner congé pour un bail étudiant de 9 mois ? +

Non. Le bail étudiant s'arrête de lui-même à son terme, sans reconduction tacite ni congé du bailleur. Seul le locataire qui souhaite partir avant la fin doit notifier un préavis d'un mois.

Sources officielles

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