La réponse courte. Le bail mobilité est un contrat de location meublée de 1 à 10 mois, réservé aux locataires en formation, études supérieures, apprentissage, stage, service civique, mutation ou mission professionnelle temporaire. Il ne se renouvelle pas, il interdit tout dépôt de garantie, et les charges se paient au forfait. Le bailleur peut se couvrir avec une caution, notamment la garantie Visale, gratuite pour lui comme pour le locataire.
Entre le bail meublé d'un an et la location saisonnière, il manquait longtemps un outil pour les locations de quelques mois. La loi ELAN a comblé ce vide en 2018 avec le bail mobilité, aujourd'hui codifié dans la loi du 6 juillet 1989. Bien utilisé, il permet de louer souple sans sortir du cadre légal. Encore faut-il respecter ses conditions, qui sont strictes.
Un bail réservé à des situations précises
Le bail mobilité ne s'adresse pas à tout le monde. Au moment de la prise d'effet du contrat, le locataire doit se trouver dans l'une des situations suivantes : formation professionnelle, études supérieures, contrat d'apprentissage, stage, engagement volontaire dans le cadre d'un service civique, mutation professionnelle, ou mission temporaire dans le cadre de son activité professionnelle.
Ce motif n'est pas une formalité décorative : il doit figurer dans le contrat. Service-public.gouv.fr le dit sans ambiguïté, si le motif justifiant le droit du locataire à un bail mobilité n'est pas indiqué, le bail mobilité n'est pas applicable. Le contrat risque alors d'être requalifié en bail meublé classique d'un an, avec la reconduction tacite et le formalisme du congé que cela implique. Demandez donc un justificatif (convention de stage, attestation de l'employeur, certificat de scolarité) et mentionnez le motif noir sur blanc.
Le logement, de son côté, doit être un vrai meublé : literie, plaques de cuisson, réfrigérateur, vaisselle, table, sièges, rangements, luminaires, la liste du mobilier obligatoire s'applique intégralement, et le logement doit être décent.
De 1 à 10 mois, sans renouvellement
La durée se fixe librement entre 1 et 10 mois, mais elle ne se proroge pas indéfiniment. La règle tient en deux points. D'une part, la durée peut être modifiée une seule fois par avenant, sans que le total dépasse jamais 10 mois. Un bail signé pour 6 mois peut donc être étendu à 9 ou 10 mois si la mission du locataire se prolonge. D'autre part, le bail mobilité ne se renouvelle pas : à l'échéance, il prend fin sans congé à donner.
Si le locataire reste dans les lieux et que vous signez un nouveau contrat pour le même logement, ce nouveau contrat est obligatoirement un bail meublé classique d'un an. Impossible d'enchaîner deux baux mobilité avec le même occupant. Le locataire, lui, peut partir à tout moment en respectant un préavis d'un mois, notifié par lettre recommandée avec accusé de réception, acte de commissaire de justice ou remise en main propre.
Pas de dépôt de garantie, mais la garantie Visale
C'est la particularité qui surprend le plus les bailleurs : le dépôt de garantie est interdit dans un bail mobilité. Aucune clause ne peut en prévoir un, là où le meublé classique autorise jusqu'à deux mois de loyer hors charges de dépôt de garantie.
La loi vous laisse en échange deux protections. La première est la caution : une personne physique ou morale peut se porter garante du locataire. La seconde est la garantie Visale d'Action Logement, expressément compatible avec le bail mobilité, qui couvre les impayés sans frais ni pour vous ni pour le locataire. En pratique, exiger un visa Visale avant la signature est le réflexe qui remplace le chèque de dépôt. Vous pouvez aussi compléter le dispositif côté bien avec les assurances du bailleur meublé, notamment la protection juridique.
L'absence de dépôt rend l'état des lieux encore plus stratégique : sans cette réserve d'argent, toute retenue pour dégradation passera par la caution ou par un recours. Soignez l'entrée et la sortie en suivant notre méthode d'état des lieux en meublé, inventaire du mobilier compris.
Loyer libre, charges au forfait
Le loyer se fixe librement, sous réserve des règles d'encadrement applicables dans certaines communes, mais il ne peut pas être révisé en cours de bail. Sur un contrat de quelques mois, la révision annuelle sur l'IRL n'a de toute façon pas le temps de jouer.
Les charges obéissent à une règle propre : elles se paient obligatoirement sous forme de forfait versé en même temps que le loyer, sans régularisation en fin de bail. Le montant du forfait ne doit pas être manifestement disproportionné par rapport aux dépenses réelles constatées sur les derniers décomptes. Calculez-le à partir de vos charges locatives récupérables habituelles, en intégrant l'eau, l'électricité si elle est comprise, internet et la part locative de copropriété. Pour les quittances mensuelles, notre générateur de quittance de loyer fait le travail en quelques secondes.
Bail mobilité, bail étudiant ou bail meublé : comment choisir
Les trois contrats se ressemblent, leurs usages diffèrent. Le bail meublé d'un an reste la solution de fond pour un locataire installé durablement : il se reconduit tacitement et vous engage sur le formalisme du congé avec préavis de trois mois. Le bail étudiant de 9 mois vise un seul public, les étudiants, sur une durée fixe calée sur l'année universitaire, sans reconduction tacite, et il autorise un dépôt de garantie de deux mois.
Le bail mobilité couvre un public plus large (l'étudiant y est éligible, mais aussi le stagiaire, l'apprenti, le salarié muté ou en mission) sur une durée plus souple, de 1 à 10 mois. En contrepartie, vous renoncez au dépôt de garantie. Le choix se résume assez bien ainsi : un étudiant pour l'année universitaire ira sur le bail étudiant, qui préserve le dépôt de garantie ; un besoin de 3, 6 ou 8 mois, quel que soit le profil éligible, ira sur le bail mobilité ; tout le reste relève du bail meublé d'un an.
Ce que le bail mobilité apporte au bailleur
Le premier cas d'usage, en PACA, est le comblement de l'intersaison. Un meublé de tourisme qui tourne à plein de juin à septembre peut accueillir un locataire en bail mobilité d'octobre à mai, sans risquer de rester occupé à l'arrivée de la haute saison, puisque le bail s'éteint à son terme. Ce montage lisse les revenus et réduit la vacance hivernale des biens situés sur le littoral.
Le deuxième cas d'usage est le marché des mobilités professionnelles : salariés en mission, personnels hospitaliers en stage ou en remplacement, militaires et fonctionnaires mutés, alternants. Ces profils cherchent des logements meublés opérationnels pour quelques mois et acceptent des loyers cohérents avec la souplesse offerte. Le troisième usage est plus défensif : tester un logement ou un secteur avant de s'engager sur un bail long, ou occuper une période d'attente avant une vente ou des travaux.
La contrepartie de cette souplesse, c'est la rotation : plus d'entrées et de sorties, donc plus d'états des lieux, de dossiers et de quittances à produire. L'espace de gestion locative inclus dans l'accompagnement Comptalocatif (600 euros par an) centralise ces documents et le suivi des loyers, ce qui rend la formule tenable même en gérant à distance, comme nous le détaillons dans notre guide pour louer en meublé à distance.

Vos questions, nos réponses
Puis-je demander un dépôt de garantie sur un bail mobilité ? +
Non, la loi l'interdit expressément, et une clause qui en prévoirait un serait réputée non écrite. Vous pouvez en revanche exiger une caution, et notamment la garantie Visale d'Action Logement, qui couvre les impayés gratuitement.
Peut-on enchaîner deux baux mobilité avec le même locataire ? +
Non. Le bail mobilité n'est pas renouvelable. La seule souplesse est un avenant, une seule fois, pour porter la durée totale à 10 mois maximum. Si le locataire reste au-delà et que vous re-signez, le nouveau contrat est un bail meublé classique d'un an. Avec un autre locataire éligible, un nouveau bail mobilité reste possible.
Le locataire doit-il prouver son motif ? +
Le motif (études, stage, apprentissage, formation, service civique, mutation ou mission) doit figurer dans le contrat, faute de quoi le régime du bail mobilité ne s'applique pas. La loi n'impose pas de pièce justificative précise, mais conserver un justificatif au dossier vous protège en cas de contestation.
Quel préavis pour quitter un bail mobilité ? +
Le locataire peut résilier à tout moment avec un préavis d'un mois, notifié par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte de commissaire de justice ou par remise en main propre. Un simple mail ne suffit pas. Le bailleur, lui, ne peut pas rompre le bail avant son terme.
Comment fonctionnent les charges dans un bail mobilité ? +
Uniquement au forfait, versé avec le loyer, sans régularisation. Le montant doit rester cohérent avec les charges réelles du logement, sous peine d'être jugé manifestement disproportionné.
Le bail mobilité est-il possible pour une résidence secondaire du locataire ? +
Le bail mobilité vise un logement meublé occupé au titre des situations listées par la loi, sans condition de résidence principale. C'est d'ailleurs ce qui le rend adapté aux missions et stages loin du domicile habituel du locataire.
- Bail mobilité, service-public.gouv.fr
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, titre Ier ter, Légifrance
- Dépôt de garantie dans un contrat de location, service-public.gouv.fr
- Rédaction du bail d'habitation : logement meublé, service-public.gouv.fr