La réponse courte. La taxe de séjour est payée par le voyageur, collectée par le loueur ou par la plateforme de réservation, puis reversée à la commune ou à la métropole. Chaque collectivité vote ses tarifs dans un cadre national, et en PACA s'ajoutent le plus souvent une taxe additionnelle départementale de 10 % et une taxe régionale de 34 % destinée à la Ligne Nouvelle Provence Côte d'Azur. Pour les réservations Airbnb ou Booking d'un loueur non professionnel, la plateforme collecte et reverse automatiquement.
Vous louez un meublé de tourisme à Marseille, Nice ou Hyères, et une ligne « taxe de séjour » apparaît sur vos réservations sans que vous sachiez toujours qui doit quoi à qui. Le mécanisme est en réalité simple, à condition de distinguer trois questions : qui paie, qui collecte, et à quel tarif dans votre commune.
Le principe : le voyageur paie, vous collectez
La taxe de séjour est due par les personnes hébergées à titre onéreux qui ne sont pas domiciliées dans la commune. Le loueur l'ajoute au prix du séjour, l'encaisse pour le compte de la collectivité, puis la reverse aux échéances fixées par la délibération locale. La plupart des communes touristiques de PACA appliquent la taxe « au réel », c'est-à-dire un montant par personne et par nuitée selon la catégorie de l'hébergement, le régime forfaitaire assis sur la capacité d'accueil restant minoritaire pour les meublés.
Trois exonérations principales s'appliquent au régime réel : les personnes mineures, les titulaires d'un contrat de travail saisonnier employés dans la commune, et les personnes bénéficiant d'un hébergement d'urgence ou d'un relogement temporaire. Une famille de quatre avec deux enfants mineurs ne paie donc la taxe que pour deux personnes.
La taxe de séjour ne se confond pas avec vos impôts sur les loyers : elle transite par vous sans jamais constituer un revenu. Elle s'ajoute aux obligations propres au meublé de tourisme, déclaration en mairie et numéro d'enregistrement en tête, et à la fiscalité du saisonnier type Airbnb qui, elle, porte sur vos recettes.
Des tarifs communaux dans un cadre national
Chaque commune ou intercommunalité vote ses tarifs par catégorie d'hébergement, à l'intérieur de fourchettes fixées par la loi. Pour 2026, le barème national par personne et par nuitée s'étale ainsi : de 0,70 à 4,90 euros pour les palaces, de 0,70 à 3,60 euros pour les 5 étoiles, de 0,70 à 2,60 euros pour les 4 étoiles, de 0,50 à 1,70 euro pour les 3 étoiles, de 0,30 à 1 euro pour les 2 étoiles et de 0,20 à 0,80 euro pour les 1 étoile.
Les hébergements sans classement ou en attente de classement, ce qui inclut la majorité des meublés loués sur Airbnb, relèvent d'un régime proportionnel : la commune vote un taux entre 1 % et 5 % du coût de la nuitée par personne, plafonné au tarif le plus élevé qu'elle a adopté. Deux taxes additionnelles peuvent s'y greffer en PACA : la taxe départementale de 10 %, et depuis 2023 la taxe régionale de 34 % qui finance la société de la Ligne Nouvelle Provence Côte d'Azur. Sur la Côte d'Azur comme sur le littoral varois, le montant affiché au voyageur intègre donc ces majorations.
Ville par ville : ce qui s'applique en 2026
Marseille, Aix-en-Provence, La Ciotat
Dans les Bouches-du-Rhône, la collecte est éclatée. Marseille gère sa propre taxe via son guichet municipal et sa plateforme de télédéclaration, avec les additionnelles de 10 % et de 34 % ; les tarifs à jour et le calendrier de reversement se consultent sur son portail taxe de séjour. Aix-en-Provence dispose également de sa propre plateforme, avec un taux de 5 % pour les meublés non classés, additionnelles en sus ; le détail par catégorie figure sur aixenprovence.taxesejour.fr. La Ciotat, où se trouve notre cabinet, applique aux meublés non classés le taux maximal de 5 % du coût de la nuitée, avec plafond, majoré des additionnelles de 10 % et de 34 % ; la déclaration se fait chaque mois avant le 15 sur laciotat.taxesejour.fr. Beaucoup d'autres communes de la métropole passent par la plateforme commune ampmetropole.taxesejour.fr, où le proportionnel des non classés atteint 5 % plafonné à 4 euros, additionnelles comprises.
Nice et sa métropole
La métropole Nice Côte d'Azur publie un barème 2026 précis, taxe additionnelle régionale de 34 % incluse : 6,43 euros par personne et par nuitée en palace, 4,69 euros en 5 étoiles, 3,48 euros en 4 étoiles, 2,28 euros en 3 étoiles, 1,34 euro en 2 étoiles et 1,07 euro en 1 étoile. Les meublés sans classement se voient appliquer 6,70 % du coût hors taxes de la nuitée par personne (5 % de taxe métropolitaine plus 1,70 point d'additionnelle), dans la limite de 6,43 euros. Pour un appartement non classé loué 150 euros la nuit à quatre personnes, la taxe atteint environ 2,51 euros par adulte et par nuit, l'exemple figure dans la documentation officielle de la métropole.
Toulon, Hyères, La Garde et le littoral varois
La métropole Toulon Provence Méditerranée collecte pour ses 12 communes, dont Toulon, Hyères, La Garde, La Seyne-sur-Mer et Six-Fours-les-Plages. Les meublés non classés y supportent 5 % du coût hors taxes de la nuitée, plafonnés à 3,09 euros, auxquels s'ajoutent les additionnelles départementale de 10 % et régionale de 34 %. Les reversements suivent un rythme trimestriel, avec des échéances au 30 avril, au 31 juillet, au 31 octobre et au 31 janvier, l'ensemble se déclarant sur tpm.taxesejour.fr.
Ces montants évoluent au gré des délibérations locales : avant chaque saison, vérifiez le tarif en vigueur sur la plateforme de votre commune ou via le téléservice national de consultation des tarifs par commune.
Airbnb, Booking : la collecte automatique des plateformes
Depuis 2019, les plateformes numériques qui servent d'intermédiaire de paiement pour des loueurs non professionnels ont l'obligation de collecter la taxe de séjour au tarif applicable, puis de la reverser directement à la collectivité. Si vous louez exclusivement via Airbnb ou Booking en tant que particulier, vous n'avez en principe rien à déclarer ni à reverser pour ces réservations, la plateforme s'en charge.
Trois réserves méritent votre attention. D'abord, les réservations en direct (bouche-à-oreille, site personnel, réseaux sociaux) restent entièrement sous votre responsabilité : collecte, déclaration et reversement vous incombent. Ensuite, les loueurs professionnels demeurent responsables de leur collecte, même sur les plateformes. Enfin, contrôlez ce que la plateforme reverse en rapprochant ses relevés de vos propres registres. Nos clients saisonniers suivent leurs nuitées et conservent ces justificatifs dans l'espace de gestion locative inclus dans l'accompagnement Comptalocatif (600 euros par an), ce qui simplifie les déclarations et la préparation de la comptabilité annuelle.
Le classement, un levier discret sur la facture du voyageur
Le régime proportionnel des meublés non classés joue contre les biens à nuitée élevée : à 5 % majorés des additionnelles, la taxe grimpe avec le prix, jusqu'au plafond communal. Un meublé classé bascule au tarif fixe de sa catégorie, souvent plus doux : à Nice, un 3 étoiles paie 2,28 euros par personne et par nuitée là où un non classé peut monter jusqu'à 6,43 euros.
Le classement en meublé de tourisme réduit donc le coût total affiché au voyageur, ce qui compte sur un marché concurrentiel, et il conserve par ailleurs ses effets fiscaux propres sur l'abattement du micro-BIC, dans le cadre resserré par la loi Le Meur. L'arbitrage se raisonne bien par ville : sur une station où l'écart entre tarif fixe et proportionnel est fort, le classement se rentabilise d'autant plus vite.

Vos questions, nos réponses
Qui paie la taxe de séjour, le loueur ou le voyageur ? +
Le voyageur. Le loueur ne fait que la collecter en plus du prix du séjour, puis la reverse à la collectivité. Elle ne constitue jamais un revenu du bailleur et ne se déclare pas avec les loyers.
Qui est exonéré de taxe de séjour ? +
Au régime réel, les mineurs, les titulaires d'un contrat de travail saisonnier employés dans la commune, et les personnes en hébergement d'urgence ou en relogement temporaire. Les enfants ne comptent donc pas dans le calcul, seuls les occupants majeurs assujettis paient.
Airbnb collecte-t-il vraiment la taxe à ma place ? +
Oui, pour les loueurs non professionnels, les plateformes intermédiaires de paiement collectent et reversent obligatoirement la taxe. Vous restez en revanche responsable de la collecte sur toutes vos réservations en direct, et il est prudent de vérifier les montants reversés par la plateforme.
Quel tarif pour un meublé non classé en PACA ? +
Un pourcentage du coût de la nuitée par personne, voté par la collectivité entre 1 % et 5 %, plafonné au tarif le plus élevé de la commune, puis majoré des taxes additionnelles (10 % pour le département, 34 % pour la région dans la plupart des collectivités de PACA). La quasi-totalité des grandes villes de la région a retenu le taux maximal de 5 %.
Faire classer mon meublé réduit-il la taxe de séjour ? +
Souvent, oui. Le classement fait passer le meublé du régime proportionnel au tarif fixe de sa catégorie, généralement inférieur pour les nuitées d'un montant élevé. Il améliore en parallèle le régime fiscal de vos recettes au micro-BIC.
Quand et comment reverser la taxe collectée en direct ? +
Chaque collectivité fixe son calendrier : déclaration mensuelle avant le 15 à La Ciotat, reversements trimestriels au 30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier pour la métropole toulonnaise, par exemple. La déclaration s'effectue sur la plateforme de télédéclaration de votre commune ou de votre métropole, qui édite les justificatifs.
- Taxe de séjour sur les hébergements touristiques, entreprendre.service-public.gouv.fr
- Taxe de séjour touristique : quels sont les tarifs ?, entreprendre.service-public.gouv.fr
- Tarifs 2026 de la taxe de séjour, Métropole Nice Côte d'Azur, nicecotedazur.org
- Plateforme taxe de séjour de la Métropole Toulon Provence Méditerranée, tpm.taxesejour.fr
- Plateforme taxe de séjour de la commune de La Ciotat, laciotat.taxesejour.fr
- Plateforme taxe de séjour de la Métropole Aix-Marseille-Provence, ampmetropole.taxesejour.fr
- Portail taxe de séjour de la Ville de Marseille, marseille.fr